ELLE SE JUSTIFIE DE CETTE EXPULSION
D'après le langage que Icnail alors la cour de Versailles, on peut penser quel fut son méconlenlcinenl, û la nouvelle, non de l'élévation de Médina-Cœli, elle semblail très-politique, mais du décret d'expulsion, public coniro les Français. Le bruit courut que madame des Ursiiis allait être rappelée, et Louis XIV contribua à laccrédiler en ordonnant à Amelot de chasser du Despacho, ainsi qu il le fit en effet \ tous ceux qui étaient dans les mêmes sentiments qu elle, et même le duc de Monlellano, pour lequel il avait toujours réclamé certains égards. Madame des Ursins fut tout à la fois contrislée et indignée des intentions qu'on prélait à Louis XIV contre elle. « Je partirai « au premier signal du roi de France, » écrivit-elle immédiatement au maréchal de Villeroî. Puis, avec un accent noble et touchant de conviction, elle ajouta : « Je me suis « donnée tout entière au service du roi et de la reim», « sans aucune des considérations basses qu'ont la plupart c( des gens qui entourent les rois. Je n'ai point craint de « me faire des einiemis, quand il l'a fallu pour leur bien, u et je n'ai point vouliî m'acquérir dos créatures à leurs « dépens, leur laissant la gloire de tout, comme je le « devais, et me chargeant de l'iniquité, quand cela était cf nécessaire, n'aimant que ceux de leurs sujets que j'ai « crus leur être affectionnés, et méprisant de rac venger « du mal que les autres ont dit de moi, aussi bien que « de plusieurs personnes de toute cf^péce qui m'ont payée « de beaucoup d'ingratitude. Je partirai néanmoins; mais « auparavant souffrez que je vous le demande : Qu'an- « riez»vous fait à ma place? Ne pouvant douter* qu'on ne « voulut abandonner le roi d'Espagne pour faire une paix « que les ennemis rejetaient sans ce point, je connus bien « qu'il fallait qu'il se jctût dans les bras de ses sujets et
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