CHAPITRE XXVII
LE »0C d'oRL^AKS et MADAVK DBS UR8I1C8 EN ES?A61fE. — SIEGES DE
UaiDA ET DB TOKTOSE.
Au reste, la royauté espagnole gagnait beaucoup plus qu'elle ne compromettait, à se retremper dans la nation, à se jeter dans ses bras, à électriser les masses, demeurées fidèles, par un élan généreux de confiance exclusive, à faire dépendre son succès de leur unique appui, et à centupler leur force par Texaltation du dévouement et du sentiment national. liC coup d'État de madame des Ursins avait eu cela d utile. Les grands eux-mêmes, j'entends ceux qui voulaient Philippe V, mais avec plus d'indépendance pourTEspagne et plus d'autonomie, en avaient été enchantés, et leur concours devait se ressentir de leur satisfaction. Il n'y eut que les partisans les plus obstinés de l'archiduc sur qui cette mesure hardie fut sans effet, bien qu'elle coïncidât, nous dit Saint-Simon, avec un relâchement très-marqué de la part des puissances maritimes, l'Angleterre et la Hollande, à l'égard des Autrichiens, qui sans ce secours ne pouvaient aucunement l'emporter. Dans cet état de choses, d'autres qu'eux se seraient rangés du côté de Philippe V, de celui qu'appelait au trône nonseulement un droit supérieur et incontestable, mais le vœu de la majorité des Espagnols, de celui qui, pour cette raison, avait plus de chances de sauvegarder l'unité de r Espagne et de lui rendre peut-être son ancienne splen-