‹ La princesse des UrsinsChapitre 124 sur 278 · POINT D'ACCORD · texte numérisé non relu

POINT D'ACCORD

dcur. Loin de suivre ce que rinlérèl de leur pays cl leur propre devoir leur commandaient, ils âimôrenl mieux perpétuer, multiplier môme les divisions dans leur pays, en soutenant contre Philippe V un prince français dont les droits à la couronne avaient été reconnus par la nation espagnole après la mort de Ctiarles II, mais qui n était admis qu'à succéder éventuellement au petit-fils de Louis XIV et non h le supplanter : c'était le duc d'Orléans, neveu du roi de France et descendant d'Anne d'Autriche, femme de Louis XIII et infante d'Espagne. Nous touchons ici, on le voit, ù un point d'histoire des plus délicats et sur lequel nous avons dû réunir et comparer le plus grand nombre possible de documents français et étrangers, imprimés ou inédits, afin d'arriver à des conclusions certaines. Mais iL-nous faut revenir un peu sur nos pas et remonter à l'année 1707, avant la célèbre journée d'Almanza.

L'antipathie entre les Espagnols et les Français n'éclatait pas seulement à la cour et dans la société civile; elle trouvait un théâtre non moins animé dans l'année et dans la vie des camps. Marcher au combat sous les yeux des Français, obéir le plus souvent à leur commandement, se ranger en bataille d'après leurs vues, recevoir des reproches de leur bouche ou des récompenses de leui^ mains, partager avec eux la nourriture, le feu, le lit de paille du bivac, entendre vanter sans cesse leur fougue disciplinée et voir qu'on les présentait comme le modèle achevé, comm^î Tidéal du soldat, en un mot se trouver continuellement à côté d'eux sous la tente ou devant l'ennemi^ et étaler devant leurs regaixls présomptueux et moqueurs ce qu'on pouvait avoir soi-même de valeur, de savoir, de tenue militaire, étaient des choses insupportables a l'amour-propre jaloux des Espagnols. De là nul acconl entre les généraux des deux nations, nul plan amiable-

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