ENTRE LES GÉNÉRAUX FRANÇAIS ET ESPAGNOLS
meiil et sincèrement concerté, nulles chances d'oblenir les succès qui semblaient promis au courage des deux armées unies. Les généraux français étaient traités comme de simples capitaines ', et tout se faisait sans déférence pour pcreonne, sans ordre, sans subordination. Berwick, avant Almanza, s*en plaignait à chaque instant.
II y avait dans celte anarchie quelque chose de trop .offensant et de trop funeste à la fois, pour que Louis XIV ne cherchât pas au plus tôt à y mettre un terme. Il était dans cette préoccupation en 1707, lorsque le duc d'Orléans, qui naguère, en Italie, avait eu peu de succès devant Turin, lui demanda du service en Espagne pour tâcher d'acquérir cette réputation militaire que le sort lui avait refusée dans le Piémont. Hélait jeune, entreprenant, plein de courage, d'esprit, de capacité, avide de gloire et impatient de se signaler : mais il était petit-fds d'une infante d'Espagne comme IMiilippe V lui-même ; il avait été question de lui pour succéder à Charles II, et il n'avait pas été sans partisans en Castille et en Aragon ; il en avait peut-être encore, d'autant plus qu'il avait été beau-frère du dernier roi par Marie d'Orléans, première femme de ce prince. On prétendait même que Charles II avait dit un jour à cette princesse : a Nous n'aurons pas d*enfants; appelons votre « frère ; nous relèverons ici et il sera notre héritier. » Ce \œu fut sans effet, parce que le père du duc d'Orléans, n'ayant pas d'autre fils, ne voulut pas s'en séparer'; mais le duc d'Orléans se maintint, au fond du cœur, dans Texpectalive de cette couronne d'Espagne et dans le désir de ravoir. L'agent anglais Filtz-Moritz, dont l'ouvrage fut composé en 1719, à l'époque de la Régence, pour la défense de ce prince, et qui est par conséquent une autorité peu suspecte, cite, dans ses lettres à un ministre d'État
* Lctlre de madame des Ursinsà madame de Mainlenon, t. IV, p. 550. — « Leltrci de rilli-Morili, IV- leUro, p. 118, 119.