‹ La princesse des UrsinsChapitre 126 sur 278 · SIO LE DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

SIO LE DUC D'ORLÉANS

d'Angleterre, un fait, que nous allons rapporter tel qu'il le raconte lui-même, parce qu'il nous parait être, au point de vue du jugement que nous aurons à porter sur les intentions du duc d'Orléans en Espagne, de la plus haute gravité.

« Le duc d'Orléans, averti, dit-il, de rirrésolution où « semblait être Louis XIV au sujet du testament de Charce les II, forma le dessein de se dérobei* de la cour et de « gagner un port d'Espagne. Dans ce lieu, il devait se fmre c< connaître aux Espagnols pour le petit-fils d'Anne d'An- « triche et leur déclarer qu'il voulait tenir la cùtironne « uniqu^ement de leur choix. Tout ce qui était nécessaire, « pour exécuter promptement ce projet, fut disposé de la a manière suivante. Le duc d'Orléans avait alors un che- « val anglais, merveilleux coureur ; il devait le monter et « le pousser jusqu'où il pourrait aller, pour se rendre en « fort peu de temps à Lyon, où un homme, envoyé par « avance, Fattendait avec un canot, pour descendre le c< Rhône. Un autre lui avait préparé vers l'embouchure de c< ce fleuve un petit bâtiment, qui était toujours fret i a mettre à la voile ^ »

Louis XIV ayant accepté le testament, ce dessem ne fut pas exécuté. Mais il n'en avait pas moins été formé, et il accusait, dans le duc d'Orléans, une grande envie de devenir roi d'Espagne, un vif désir d'avoir, lui, chef delà branche cadette des Bourbons, une couronne royale sur sa tête, aussi bien que le glorieux chef de la branche aînée. Il en guettait l'occasion, il se tenait prêt à la saisir, il la devançait par la prompte organisation d'une entreprise clandestine de prétendant, sans respect pour les droits supérieurs des autres descendants de Louis XIV, sans aucun égard non plus à la volonté du souverain juge, c'esl-

< Filtz-Moriiz, lettres à un minÎBtre d'ÉUt anglais, VI* lettre, p. 176, 177.

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