ET LE SIËGE DE TORTOSE
« Péniscola. Que fera le duc d'Orléans à Torlose, et d'où « lirera-t-il ses vivres? On aurait dû F expédier plus tôt « ou peu à peu ^ »
Malgré la pénurie extrême de la cour de Madrid, madame des Ursins s'employa de son mieux, en Espagne, pour suppléer à ce qui faisait défaut au duc d'Orléans du côté de la France. « Vous ne sauriez croire, écrivit-elle au » maréchal de Yilleroi, tout ce quil a fallu que le roi d^Es- « pagne fournît aux troupes françaises, et tout ce que H. le « duc d'Orléans demande tous les jours pour elles. Et Von « ne peut refuser ces sommes^ toutes considérables quelles « sonty à Son Altesse Royale, qui d'ailleurs se sert, pour « les avoir, d'expressions les plus vives dont Elle est ca- « pable*... D II est vrai que madame des Ursins ne pouvait pas suffire à tout, et, dans sa correspondance avec le maréchal de Yilleroi, elle en donne deux raisons, qui paraissent bien fortes. En premier lieu, elle dit que les envois énormes d'argent à l'armée du duc d'Orléans « dérangeaient extrêmement* le plan qu'on s'était fait, « pour maintenir les troupes espagnoles, et que cela fai- « sait passer à la cour de Madrid de bien cruels mo • « ments*..., ; que si l'on n'avait eu à fournir qu'à l'en- « tretien de celles-ci, bien que le nombre en fût grand, « on en serait venu à bout ; mais qu'une infinité de défi penses Ijue le roi d Espagne avait été obligé de faire pour a tes Français, et qui étaient imprévues, avaient mis le «gouvernement dans le plus grand embarras^. Quant « aux vivres, dit-elle en second lieu , le marquis de « Santiago ayant fait fonds sur quatre à cinq cent mille « francs, que la cour de Versailles devait lui payer, et « qu'il aurait dû toucher il y a déjà quelques mois, il
< Hannscriti de la Bibliothèque impériale, Fondé Nmlles, S. F. 2SI32, 19, p. 6S. 8 juin. 1706. — * Lettres au maréchal de Villeroi, p. 63, 19 mai 1706. - ^ Wiû., p. 02, 65. ^ « Ibid,, lettre du 22 m\\ 1706, p. 54, 55.