‹ La princesse des UrsinsChapitre 138 sur 278 · DU DUC D'ORLÉANS. 3S · texte numérisé non relu

DU DUC D'ORLÉANS. 3S

de la rùservc dans son aflirmation; ou*pIutôt, dans son langage, il n'y a pas de vérilable aflirmation.

Le marquis de Saint-Philippe, qui certainement était moins hostile au duc d'Orléans qu'à madame des Ursins, ira-l-il plus loin? Pour éclairer ses lecteurs sur Pacte coupable qui lui était imput*, il donne, non pas l'autorité de son opinion personnelle , comme le maréchal de Noailles, mais celle d'un fait très-grave et bien plus convainquant. Il nous dit que deux des agents du duc d'Orléans en Espagne lurent arrêtés sur la route de Bayonne, et qu'on trouva sur eux plusieurs lettres en chifl'res, écrites par ce prince, et dont on découvrit la clef; que Ton sut par ces missives « que le duc d'Orléans, voyant « que Louis XIV allait être nécessairement forcé de faire ce la paix avec les alliés, et que la France abandonnerait « Philippe V pour l'obliger a renoncer au trône d'Espagne, a avait offert aux Anglais de leur livrer Lérida, Torlose « et la citadelle de Pampelune..., et qu'en retour il devait « recevoir, en toute souveraineté, Carthagène, avec les « rovaumcs de Valence, de Navarre et de Murcie *•.. »

Assurément, voilà une pièce de conviction qui a de l'importance. Mais n'avait-on pas pu donner à cette écriture énigmatique une interprétation malicieuse ou erronée? Le bruit courut que celte explication était Pouvragc de madame des Ursins, qui avait voulu par là perdre le duc d'Orléans dans Tespril de Louis XIV. Le marquis de Saint-Philippe, en rapportant ces faits, ne les donne luimême que sous toutes réserves ; et, pour nous faire entendre qu'on ne saurait se prononcer d'après ces allégations, il dit : « C'est là ce que Von crut avoir découvert « par ces lettres*. »

Il faut donc encore chercher des preuves plus irréfra-

• Mém. de Saint-Philippe, t. U, p. 298, 299. — « ïbid , i». 298.

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