‹ La princesse des UrsinsChapitre 139 sur 278 · PREUVES DE LA CONSPIRATTON · texte numérisé non relu

PREUVES DE LA CONSPIRATTON

gables que cellél que nous avons tirées des mémoires précédents. Ouvrons de nouveau le grand ouvrage de Saint-Simon, et voyons si ce confident particulier du duc d'Orléans, si cet historien, qui a la réputation de dire tout, ne nous révélera pas quelque secret relatif à cette affaire. « Dans un de nos fréquents entretiens, le duc d'Orléans « m'avoua, dit-il, que plusieurs gens considérables d*Es- « pagne, et autres, lui avaient persuadé qu'il n'était pas « possible que le roi d'Espagne s'y pût soutenir, et, de là, « lui avaient proposé de hâter sa chute et de se mettre en a sa place; qu'il avait rejeté cette proposition avec finie dignation quelle méritait; mais quHl était vrtùqu'd <c s était laissé aller à celle de s*y laisser porter, si Phi- « lippe V tombait de lui-même, sans aucune espérance « de rétour, parce qu'en ce cas il ne lui causerait auemi « tort, et ferait un bien au roi et à la France de conser- « ver l'Espagne dans sa maison, qui ne leur serait pas « moins avantageux qu'à lui-même; que cela se faisant « sans la participation de Louis XIV ^ il ne serait pas ero- « barrasse de renoncer par la paix à tous ses droits au « trône de France, ni les ennemis en peine' d'un prince, a porté sur le trône par le pays même, séparément de la a France, avec qui l apparence d^union ne pouvait pas Mrc « telle quavec PUlippe V, ' »

Voilà enfin une preuve qui ne laisse rien à désirer: c'est un aveu, fait confidentiellement par l'accusé luimême à un ami, et cet ami, par des raisons que nous n'avons pas à juger ici, se croit obligé, écrivant l'histoire de son temps, de le révéler à la postérité; car, en pareil cas sans doute, il i*egarderait même une réticence officieuse comme une trahison envers la vérité, comme une réserve trop grande, imposée par l'amitié à la conscience

* Mém, de Saint-SimM, t. XIU, p. 905, 306.

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