‹ La princesse des UrsinsChapitre 15 sur 278 · PENSIONS DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

PENSIONS DE LOUIS XIV

comme elle ajoutait qu'elle n'avait plus à se plaindre de lui, la cour de Versailles se remit bientôt à fermer les yeux sur cette autre ambition du cardinal de Bouillon ; elle lui continua même la pension de 12,000 fr., qu*il touchait avant son rappel '. Le cardinal de Bouillon en fut tout fier, et sa joie fut bien plus grande, lorsque, avec Tagrément d'une cour, si portée à le ménager, il fut nommé doyen du sacré collège. Ayant grandi en importance, étant sûr de Tappui d'un corps dont il était devenu le chef, il ne se tourmenta point de la question de ses abbaye^s. Il voyait bien qu'elles lui seraient rendues, et qu'un sentiment de dignité de la part de la cour de Versailles, retardait seul cette mesure réparatrice à son égard. Si son amour-propre et son inténH étaient satisfaits, le gouvernement français avait, lui aussi, atteint sont but, qui était de le calmer et de prévenir, pour la succession d'Espagne, Topposition que ce prélat avait montrée dans TaiTaire du quiétisme. Quant à madame des Ursins, elle était également plus tranquille : le cardinal de Bouillon cessa de faire de mauvais rapports sur son compte : il n'y eut pas d'intimité entre eux ; mais il n'y eut plus de brouillerie ouverte.

Madame des Ursins crut pouvoir profiter de cette paix, qu'un échange de visites avait peu à peu amenée, pour demander à la cour de Versailles un surcroit de pension. Dans sa pensée, des appointements plus forts devaient lui permettre de servir mieux encore les intérêts de la France par les attraits plus grands d'une représentation plus pompeuse. L'opinion qu'avait d'elle Louis XIV nclui interdisait pas une demande de ce genre, et, il s'était produit, d'un autre côté, une circonstance qui devait procurer à sa démarche un appui tout particulier et les plus

» P.cc. de M. Gcffroy, \IH* Ici , 12 déc. 4700.

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