TRAITÉ DU DUC D'ORLÉANS
éventuel, il y renonçait, d'après les lettres en chiffres trouvées sur ses agents, moyennant la cession de quelques provinces de l'Est, et en faveur de qui? En faveur de l'archiduc *.
Qu^on dise après cela que le duc d'Orléans s'engageait à tout, pourvu qu^il pût s'établir dans un coin de l'Espagne; qu'il devait s'y trouver à côté de populations qui, assure-t-on, aimaient à voir en lui l'image chérie de sa sœur Marie d'Orléans, première femme de Charles 11 (empoisonnée pourtant par les Espagnols, ainsi que l'anirme Lo Beaumelle',) et que de là il espérait bien avoir pour lui tout le reste ; il n'était pas moins lié par la lettre de ce traité. Et l'on ne peut alléguer, comme le marquis de Saint-Philippe paraissait plus haut le donner à entendre,*qu'on avait pu errer sur l'interprétation de l'écriture en chiffres, qui retraçait mystérieusement ce trailé, ni prétendre non plus que le traité lui-même n'était qu'une pure invention de madame des Ursins. « Les deux « agents français du duc d'Orléans , dit cet historien, c< avouèrent ingénument aux autorités espagnoles tout ce <c qu'on vient de rapporter de ces arrangements, exprimés « en chiffres '. » Il s'avance même davantage à présent, quant à son opinion personnelle. Tout à Theui^e, il n'osait se prononcer sur le contenu du traité ; voilà qu'il en parle tout à coup comme d'une chose positive et certaine. « Le duc d'Orléans, dit-il, l'avait entamé, avant de sortir « de l'Espagne; et, pour persuader aux Anglais qu'il lui « était facile dexécuter tout ce qu'il leur promettait, il « leur avait donné une liste de tous ceux qui étaient dans a son parti, au nombre desquels il comptait, outre plusieun a officiers généraux, ce quU y avait de plus considérable
* Mém. de Saita-Pkilippe, t H, p. 299.— * Mém. de la BeaumeUe, t V, p. ao. Duclos dit que ce Tut par MansFeld, ambassadeur auiricliiea, p. 71.^ ^ Mém. de Saini-Philippe, t. II, p. 301.