‹ La princesse des UrsinsChapitre 151 sur 278 · AVEC LES ANGLAIS · texte numérisé non relu

AVEC LES ANGLAIS

« parmi les graféds. La vérité commande de dire, ajoute- « t-îl, qu'on ne trouva pas le texte même du traité parmi « les papiers qui furent saisis, soit sur les deux agents a français, soit sur l'ecclésiastique catalan ; mais les réa panses de Stanhope en supposaient la réalité \ » Puis, pour dissiper jusqu'à l'ombre d un doute, il cite l'aveu même du duc d'Orléans, fait à Louis XIV, avec la justification, ou du moins l'excuse, apportée par ce prince, et consistant à dire : « 1* qu'il n'avait négocié ce traité que M dans la supposition que le roi fit la paix avec les alliés « et résolût de consentir au retour de Philippe V en Cl France ; 2^ qu'en cherchant, dans ce cas, à s'assurer « une partie au moins de la monarchie espagnole, il eût « été prêt à la remettre à Philippe F, aussitôt que celui-ci « aurait été en état de remonter sur le trône d'Espagne *, » intention sublime, mais fausse, et à laquelle ses antécédents envers la cour de Madrid^ ses propos et toute sa conduite enfin ne permettaient pas d'ajouter foi.

Le crime donc était réel, et le duc d'Orléans, en se prêtant aux vues des étrangers, épiait le moment d'en tirer le bénéfice promis, lorsqu'il fut subitement appelé à Madrid pour avoir un entretien avec le roi. L'entrevue eut lieu en présence de la reine et de la princesse des Ursins. « Vous vous êtes fait le centre des mécontents, lui « dit Philippe V. — Je ne m'en cache pas, répondit fièrea ment le duc d'Orléans, en regardant en même temps la « reine et madame des Ursins, et j'ai cru vous servir tous « en me conduisant de la sorte. J'ai voulu jeter à ces « gens-là un milieu entre )ladrid et Barcelone, où ils se « seraient sans cela tous rendus '. » La réponse était belle, elle était spécieuse, elle annonçait un flegme imperturbable, une admirable adresse d'esprit ; mais c'était un

• Mém. de SahU-PhUippe, i. Il, p. 299, 300 — ■ /^itf., p. 305. — » Mém, de Saint^imon, l. XIU, p. 194.

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