LE DUC D'ORLÉA.NS CHERCHE A REVENIR EN ESPAGNE
« après, n*en était pas moins éloigné ; ce qui refroidit « beaucoup Stanhope dans la poursuite de cette affaire. « Ce fut aussi ce qui engagea le duc d'Orléans, qui cem- « prenait la cause de ce refroidissement, à chercher les « moyens de revenir en Espagne, pour y reprendre le com- V mandement de l'armée et exécuter en personne son « dessein *. »
Mais comment faire, avec Louis XIV, avec un monarque qui ne voulait pas qu'on eût pour le service de l'Étal d'autres désirs que les siens ? Tantôt, devant ce roi, il paraissait ne pas y tenir ; il affectait presque de Tindifférence à ce sujet, et, quand on lui demandait s'il souhaitait de retourner en Espagne, il répondait qu'il ne refuserait pas, mais il ne témoignait pas d'empressement. C'est Saint- Simon seul qui avait Fair de iy pousser, Saint-Simon nous le dit lui-même naïvement dans ses Mémoires, lui si peu naïf d'ordinaire, pour nous faire croire sans doule que ce n'était pas un jeu *. Tantôt aussi il tâchait de gagner madame de Maintenon par les égards les plus respectueux, et qui trahissaient son désir, sans l'exprinjer. Mais la princesse des Ursins était irrévocablement contre lui ; avec elle, toute la cour de Madrid lui était également opposée, et il ne pouvait espérer d'obtenir, une troisième fois, un commandement général en Espagne que tout autant qu'il aurait d'abord fait chasser cette dame toutepuissante '. Il s'agissait de trouver quelqu'un qu'on pût employer pour arriver à ce but. Chamillard, malgré l'intérêt que portait toujours madame de Maintenon à cet ancien intendant de la maison de Saint-Cyr, n'était pas alors trés-solide lui-même au département de la guerre, où il fut remplacé par Voysin, au mois de juin suivant. Torcy, plus capable, était mieux assis, et sa parole avait
* Mém. de Samt-f^hiHppe, t. H, p. 295, 500 et 301, — * Mém. de Sâinh 5wMW, t. Xm, p. 195. — 5 Mém. de Saint-Philippe, t. H, p. 295.