‹ La princesse des UrsinsChapitre 155 sur 278 · LE DUC VEUT FAIRK RAPPELER AMELOT · texte numérisé non relu

LE DUC VEUT FAIRK RAPPELER AMELOT

plus de poids ; mais il ne se souciait pas trop d^aller se compromettre en pareil débat, voyant surtout qu'il avait mal jugé madame des Ursins en 1706, puisque, depuis cette année jusqu'au moment actuel, il n'avait jamais été question d^Amelôt, pour lui donner la place où il était si bien lui-même. C'est par des propos détachés et en passant, tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, ici personnellement, là par ses créatures ou ses amis, qu'il essaya de renverser la terrible camerera mayor. Il la peignit comme une femme qui sacrifiait tout à elle-même, qui n'aimait qu elle, et qui confondait dans son indifférence égoïste les Français aussi bien que les Espagnols, les Castillans autant que les Aragpnais ; puis, faisant allusion au commandement des troupes qu'il ambitionnait, « il « apportait pour prétexte, dit le marquis de Saint-Phi- « lippe, que lui seul était capable de réunir les deux « peuples d'Aragon et de Castille, a cause du grand nom- « bre d'amis qu'il comptait en Espagne dans la première a noblesse et parmi les officiers les plus distingués de « l'armée*. » C'était le môme raisonnement, la même tactique qu'à Madrid, en présence de Philippe V et de la princesse des Ursins.

Un instant pourtant le duc d'Orléans se crut sur la voie qui devait le conduire à son bpt. Toute la force, toute la solidité de sa redoutable ennemie résidaient dans sa parfaite intelligence avec Amelot. Faire nommer un autre ambassadeur de France, non choisi par elle, c'était rendre incertaine la continuation de cette bonne harmonie, exposer madame des Ursins aux mêmes combats qui avaient autrefois amené sa disgrâce, et peut-être lui donner d'avance des dégoûts qui, dans l'âge avancé où elle était, l'engageraient à prévenir sa chute par sa démission. Or

* Mém. de Saint-Philippe, t. H, p. 296.

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