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LE MARÉCHAL DE 6ES0NS

tain M. Flobert, commissaire-ordonnateur des hôpitaux, qu'il envoya, en cette circonstance, à Monçon, bourg situé non loin de la frontière de France.

Pour mieux couvrir la ruse, aux yeux du comte d'Aguilar, par toutes les apparences possibles de bonne foi, le maréchal de Besons ne désigna, pour accompagner Flotte etFlobert, que des espagnols, six cavaliers et un officier. Mais il prit en même temps ses mesures pour qu'ils n'eussent pas cette escorte-là jusqu'à la frontière, sans toutefois rien dire à ceux qui devaient la composer. Ces arrangements étant faits et les ordres étant donnés. Flotte et Flobert partirent le' lendemain de grand matin en chaise de poste. Des mulets cheminaient derrière, portant leurs bagages, et Flotte avait avec lui tous ses papiers. Nos deux voyageurs, et particulièrement Flotte, le seul qui eût quelque chose à craindre, étaient tranquilles, et ils crurent plus fermement encore qu'aucun obstacle ne viendrait arrêter leurs pas, lorsque, à une lieue et demie de Lérida, sur le chemin de Monçon, ils rencontrèrent de nouveaux gages du zèlo du maréchal de Besons pour la sûreté de leur route : cette fois, c'étaient quatre cavaliers français du régiment de Berry, formé par le duc d'Orléans; et ils étaient là, non de leur propre mouvement, comme on le pense bien, mais par ordre, afin de remplacer la première escorte. Flotte aussitôt remercia poliment TofTicier espagnol et sa troupe, dont il souhaitait fort de pouvoir se débarrasser. A son tour, roflicier, comme par un échange de courtoisie, s'offrit à l'accompagner plus loin. Mais Flotte insista ; il dit que ce n'était pas nécessaire ; que les quatre nouveaux cavaliers lui suffisaient, et alors l'officier tourna bride, avec ses gens, tandis que Flotte s'échappa en poste, à côté de M. Flobert, chantant victoire sans dout« au fond de son cœur. Ces cavaliers français étaient en effet arrivés fort

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