‹ La princesse des UrsinsChapitre 161 sur 278 · PROTÈGE. LA FUITE DE FLOTTE. ÔC · texte numérisé non relu

PROTÈGE. LA FUITE DE FLOTTE. ÔC

à propos ; car la cour de Madrid, dont on n'avait que trop bien deviné les instructions, avait donné ordre d'arrêter Flotte; et le comte fFAguilar, instruit assez tôt de son départ, avait dépêché à sa poursuite cinquante maîtres espagnols, conduits par le colonel de Sarcéda et par l'exempt des gardes Gonzalès, à qui chacun était tenu d'obéir. Cette troupe accourait au pas accéléré et devait joindre la première escorte un peu au delà de Tendroit où, à leur insu, s'était présentée la seconde. Le comte d'Aguilar était donc prévenu et son coup risquait d'être manqué. Mais rofficier de l'escorte espagnole avait été secrèiement averti par le comte d'Aguilar, avant de quitter Lérida. Au lieu de se retirer réellement, après avoir pris congé de Flotte, il en fit semblant seulement ; et, quand Flotte et Flobert furent hors d'état de le distinguer, il attendit la troupe annoncé^. Elle ne tarda point à paraître, et, aussitôt qu'elle fut arrivée, ils coururent tous ensemble après la chaise de poste et finirent par l'atteindre, à la grande stupéfaction de Flotte et de Flobeit, qui se croyaient sauvés, lis en firent descendre Flobert, au moment où son compagnon de route lui glissait furtivement un portefeuille *; et, quant à Flotte, l'exempt des gardes, Gonzalès, l'arrêta au nom du roF et fit placer un homme armé à côté de lui. Les quatre cavaliers de Berry voulurent se mettre en défense, quelque inégale que fût la partie ; mais Flotte leur dit qu'il ne craignait rien et qu'ils laissassent achever celte violence. On désarma les quatre cavaliers, que l'on conduisit dans un endroit écarté avec toute la caravane des mulets et des bagages, et Ton fouilla Flotte et Flobert depuis les pieds jusqu'à la tête ; on feuilleta leurs papiers et l'on prit tous ceux de Flotte, sans même excepter mi porte-lettres à lui. L'exempt des

* Mém. de SaintSinum, t XllL p. 200, 201.

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