‹ La princesse des UrsinsChapitre 162 sur 278 · ARRESTATION DE FLOTTE. PAPIERS SAISIS · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE FLOTTE. PAPIERS SAISIS

gardes, avec la plus grande partie de la troupe, fit ensuite monter Flotte à cheval et le mena, par des sentiers détournés, au camp du comte d'Aguilar. Flobert et les quatre cavaliers du régiment de Berry restèrent sous la garde de vingt maîtres espagnols, qui ne les renvoyèrent à Lérida qu'à six heures du soir, sans leur rendre leurs armes, dans la crainte peut-être qu'égarés par le dépit ils ne s'en prissent à Flobert lui-même de cette triste mésaventure. Flobert n'arriva qu'à dix heures, et il alla sur-le-champ raconter cette histoire au maréchal de Besons. 11 n'est pas besoin de dire toute la fureur de ce général en entendant ce récit. C'est la saisie des papiers de Flotte qui l'inquiétait surtout et le mettait hors de lui. Il affectait de répéter qu'il était pei^uadé que rien, dans leur contenu, ne touchait le duc d'Orléans; mais il ne pouvait supporter l'idée qu'on les eût enlevés, à cause de la peine que ce prince pouprait en éprouver, et il eût été capable de tout faire, souterrainemetU , selon son expression, pour les ravoir. Il envoya même sur-le-champ quelques officiers dans la direction qu'on avait fait prendre à Flotte. Mais il n'était plus temps. Flotte était déjà loin; il avait passé TÈbre à Méquinenza, au sud de Lérida, non loin des quartier^ de l'armée espagnole, pour être conduit, présumait-on, à Madrid.

Quand tout fut fini, le comte d'Aguilar n'attendit pas que le maréchal de Besons le fit appeler ; il alla le trouver lui-même. A sa vue, le maréchal de Besons s'enflamma de courroux. Il lui dit qu'il avait fait un coup bien hardi et que son devoir serait de le faire arrêter, avec tous ceux qui avaient commis cet attentat. Le comte d'Aguilar lui répondit qu'il était précisément venu pour se mettre entre ses mains, si, par hasard, il avait cette intention ; mais qu'il avait à lui présenter pour excuse un ordre formel du roi d'Espagne, et, en même temps, il lui remit une

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