‹ La princesse des UrsinsChapitre 164 sur 278 · MADAME DES URSINS CRAINT D'ÊTRE TUÉE · texte numérisé non relu

MADAME DES URSINS CRAINT D'ÊTRE TUÉE

d'Orléans, assurait-on, était attendu par les grands; Flotte, si on ne Feût prévenu, aurait livré Lérida aux ennemis; Renaut devait aller à liisbonne; leurs amis, pendant ce temps, devaient incendier Madrid et en égorger les habitants, trop fidèles au parti du roi, puis soulever TAragon et exterminer la cour elle-même, en commençant par cette camerera mayor, « qui pensait solide- « ment, d'un esprit supérieur à son sexe, et incapable des <x petitesses des autres femmes, mais terrible dans son « ambitieux dévouement pour les deux lois ^ » Elle-même semblait se croire sérieusement menacée; car, pour détourner ses ennemis de ce meurtre par la pens^ de son inutilité, on la vit alors déclarer que ses afîaires domestiques l'appelaient en Italie, et adresser à certaines personnes , qui vinrent la voir, des paroles d'adieu *. B'Aubigny, lui aussi, avouait les périls de la situation, en disant que Philippe Y aujrait besoin d'une machine qui pût Tenlever de Madrid à Bayonne, tant il le voyait serré de près par les étrangers et par ses ennemis intérieurs, auxquels il ne croyait pas qu'il pût échapper'. Comment pourrait-il le faire, lorsque Villaroél était dans le complot, avec un autre lieutenant général, Boniface-Manrique Lara, et avec une foule d'autres seigneurs de Madrid*; lorsque, d'un autre côté, le maréchal de Besons remplaçait, comme généralissime, le duc d'Orléans, et qu'il était en ce moment si fort irrité contre la cour?

Mais la princesse des Ursins était, par sa fermeté, audessus de tous ces symptômes d'orage, et elle n'avait nuUement l'intention de s'y soustraire par un voyage en Italie, qui, dans ces circonstances, n'eût été qu'une fuite. Miguel de Pons, nous l'avons dit, avait compris Renaut dans sa dénonciation, et elle-même, « avec cet esprit qui

Màn, sur r Espagne dans FilU-MoriU, livre VU, p. 27S, 279, 280, 294. — » /«rf., p. 278. — * /Wrf., p. 275. — * /Wd., p. 301-305.

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