‹ La princesse des UrsinsChapitre 173 sur 278 · MADAME DE MA1NTE^0N · texte numérisé non relu

MADAME DE MA1NTE^0N

mêmes objections \ dont Saint-Simon nous parle et dont il semble s'attribuer Tinvention et la priorité : il réussit, il sauva, ou contribua du moins beaucoup à sauver le duc d'Orléans, a Le lendemain, Pontchartrain travailla avec « le roi, et, moins de vingt-quatre heures après, les bruits « changèrent tout d'un coup. liC roi laissa entendre « dans des demi-particuliers, pour qu'ils fussent enten- « dus, qu'il avait vu clair dans cette affaire, qu'il était (( surpris qu'on en eût fait tant de bruit et qu'il trouvait « fort étrange qu'on en tint de si mauvais propos... Chaa cun en crut ce qu'il voulut; mais cela fil taire le pu- « blic *. »

Madame de Maintenon fut donc pour quelque chose aussi dans le salut du duc d'Orléans. Son silence ou ses réponses évasives dérobaient son rôle protecteur, mais ne l'excluaient pas. Après, comme avant, elle ne s'expliqua pas davantage sur sa conduite cachée. Elle n accorda rien à cette vanité malséante qui, divulguant un bienfait, rendu à plus grand que soi, humilie ou irrite celui qui l'a reçu. Le rang supérieur de son obligé, loin de la portera s'en faire gloire, ou même à le laisser entrevoir dans quelque confidence intime, était précisément ce qui chez elle tenait le plus sa langue enchaînée. Une seule fois, après la mort de Louis XIV, lorsque le duc d'Orléans, devenu régent, n'avait plus à s'inquiéter de son passé, et quellemôme, retirée au milieu de ses filles de Saint-Cyr, avait à se plaindre de quelques marques de défiance de la part de ce prince, il lui échappa de dire : « Ah ! si le duc a d'Orléans savait tout ce qu'il me doitl » Mais, sauf ce cas, où encore elle était restée dans le vague bienveillant d'une allusion énigniatique, elle ne sortit jamais de celle réserve inébranlable dont elle s'était fait un devoir el

« Mém. de fjt BeaumeHe, p 127, t. V- * Mém, Oe SmnlSmm. t XII'. p. 216, 217.

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