‹ La princesse des UrsinsChapitre 174 sur 278 · SAUVE LE DUC D'OKLÉANS · texte numérisé non relu

SAUVE LE DUC D'OKLÉANS

une loi. Il n'en était pas moins certain qu'elle avait agi très-activement, aussi bien que très-efficacement, en faveur du duc d'Orléans. Le marquis de Saint-Philippe Taffirme'; et si, sur la foi de Saint-Simon, l'on pouvait révoquer son témoignage en doute, il suffirait de rapporter, avec La Beaumelle, que, au dix-huitième siècle, on conservait encore, dans la famille de Desmarets, la lettre de remerciment du duc d'Orléans à cet agent secret et habile de madame de Maintenon *.

Tel fut le dénoûment de la conspiration, ténébreuse, mais réelle, du duc d'Orléans en Espagne et en France eontre Philippe V. On le devine sans doute : TafTaire fut assoupie, afin d'éviter des querelles de famille, qui, après Louis XIV, auraient pu nuire à la stabilité de son successeur et peut-être servir à relever l'ancienne barrière des Pyrénées. Mais, quel que fût Tempire de ces hautes raisons sur les sentiments intimes du grand roi, il ne put s'empêcher de demeurer un peu éloigné de son neveu ; il fut même, contre son habitude, assez peu maître de ses impressions pour que, en public aussi bien que parmi les siens, son visage trahit son changement, a La cour, dit a Saint-Simon, voyait le roi, ainsi que le Dauphin, sec a avec le duc d'Orléans, et l'air contraint avec lui... Les « ennemis de ce prince disaient que c'était mal faire sa « cour que de hanter sa société, et ils éloignaient tout le a monde de sa personne. Aussi, à partir de c^ moment, « le duc d'Orléans se tint-il plus que jamais à Paris, où, a grâce à la liberté qu'il ne trouvait pas ailleurs, il s'éa tourdit par la débauche'. »

L'issue, pour plusieurs inattendue, quavait eue cette affaire, fut communiquée à la cour de Madrid. Madame

* Mém. de Saint-Philippe, i II, p. 302. — * La Beaumelle, Mém. de madame de Maintenon, t. V. p. 128, 129. — ' Mém. de SairU-Simon, t. XUI, p. 217.

382 SËNTlMfclNTS De U COUR DE MADRID.

des Ursins fut loin d'en être satisfaite ; Philippe V aurait assez aimé, lui aussi, qu'on y eût donné une autre suite; mais, comme il était enclin à pardonner et que, dans la situation critique où il se trouvait, il voulait faire plaisir au roi son aïeul , il s'accommoda de tout. Louis XIV d'ailleurs lui expliqua lui-même les motifs de la détermination qu'il avait prise à ce sujet, et il lui fit connaitre qu'y avait été forcé en cette occasion d'user d'une bonté, qu il avouait néire pas trop conforme à la justice *. Philippe V comprit, et, pour ce qui le concernait, il parut, depuis, avoir enseveli dans Poubli tout ce passé coupable de son ambitieux cousin.

' Mém. ûe Saint-Philippe, t. Il, p. 504, 305.

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