‹ La princesse des UrsinsChapitre 175 sur 278 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

LE HABéClIAL DB USONS DEVANT LES ISPÉRIAin, SUR LES BUBbb DE LA SÈCHE. LE» G ET 31 AOUT 1709. ^ LETTBES <NE|IGIQUE8 DE HADAMK DBS LRSIN^.

Cette grave ailaire du duc d'Orléans touchait à peine à sa fin, lorsque arrivèrent coup sur coup en France, dans les premiers jours de septembre 1709, deux lettres vraiment foudroyantes de madame des Ursins contre le maréchal de Besons. La première était adressée à madame de Maintenon, et, bien que cette destination semblât lui assurer un retentissement en plus haut lieu, elle n'en était que plus énergique, plus empreinte d'un courroux, dont la majesté méme^de Louis XIV ne pouvait contenir l'expression. « Si a le maréchal de Besons, disait-elle, n'a fait qu'obéir au a roi (de France), en faisant la manœuvre qu'il vient de « faire en Catalogne, Ton ne saurait néanmoins l'attribuer tt à Sa Majesté, sans manquer au respect quon lui doit; car fi an ne peut croire qu'une âme aussi généreuse que la sienne « ait été capable de ternir sa gloire par une action qui sera « détestée de tous les honnêtes gens . Aussi, madame, Leurs « Majestés Catholiques la rejettent-elles tout entière sur ce son général, ne pouvant s'imaginer que le roi son mai- « Ire lui ait commandé de faire la lâcheté quil a faite, « Si le roi veut perdre entièrement son petit-fils, quelque t( chose qtiil en puisse coûter à la France et aux Français « qui viennetit de se déshonorer j U ny a rien à répondre; « mais, si au contraire il veut ne pas contribuer à sa perte, « il parait que, tant qu'il laisse ses troupes en Espagne,

« à h solde de Sa Majesté Catholique, elles doivent, sans « aller chercher à combattre les ennemis, les empêcher « au moins d'avancer en deçà et de passer les rivières, « quand nous sommes beaucoup plus forts qu'eux en « toute façon. Il y avait à gagner cent contre un que nous « eussions remporté une victoire complète, que l'archiduc a se fiU trouvé perdu et obligé de quitter la Catalogne, M que le Portugal eût demandé la paix, et que, après, tout c( aurait changé de face, et que Thiver ne se serait pas « passé sans que la guerre ne fût entièrement terminée « avantageusement pour la France, et en laissant le roi « d'Espagne sur son trône. . . On est très-surpris que M. de « Besons ait eu peur d* offenser les emiemis en les battant, « lorsqu'ils lont recherché, et que M, le duc de Noadla « était, de propos délibéré, pour les combattre, sans aiam « égard de leur déplaire. Cela est difficile à ajuster, et il « ne Test pas moins de comprendre pourquoi l'on veut « toujours faire pitié à ses ennemis : cette maxime est ex- « traordinaire et n'a point réussi... Le roi, au reste, part « demain pour s'aller mettre à la tête de l'armée en Arace gon, bien résolu de périr plutôt que de se laisser cou- « vrird*infamie* ! »

Tel était son langage dans la première de ces lettres. Non moins énergique, mais plus précise et plus claire dans la seconde, envoyée le lendemain à la maréchale de Noailles, « le roi d'Espagne, écrivait-elle, est parti ce « matin en diligence pour se rendre en Aragon, à la tète « de son armée, pénétré de ressentiment de ce que le marc réchal de Besons vient de faire de fâcheux contre son « service, et de honteus pour les Français, puisqu'il ne ce s'est pas contenté de ne point battre les ennemis, qui ce étaient infiniment plus faibles que lui, quand ils lui pré-

' Lettre à madame de Mainlenon, 1" septembre i709, du manuscrit de M. GelTroy.

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