SITUATION DE LOUIS XIV
d sentaient la plus belle occasion du inonde de le faire,
«K mais qu*il a repassé une rivière en fuyant et abandon- « nant des troupes et des places qui étaient à Sa Majesté.
cK Les Espagnols en sont si indignés, que je ne sais assez
« vous exprimer ce qu'ils seraient capables de faire, disant
« tout haut que le roi, leur maître, a été trahi, etqu'on veut
« lui arracher sa couronne. Cela, en vérité, en a quelque
« air, et ne fait pas beaucoup d*honneur à notre nation ^ »
Ëtaitil donc bien vrai que le maréchal de Besons avait eu une excellente occasion d'attaquer et de vaincre les ennemis, et qu'il s'était volontairement refusé à en profiter? Toutes les pièce%, qui peuvent nous mettre en état d'apprécier sa conduite, se trouvent aux archives historiques du Dépôt de la guerre. Nous allons en extraire tout ce qui peut servir à éclairer et à fixer notre jugement sur ce point important d'histoire et de biographie. 11 faut d'abord se rendre bien compte de la situation respective de Louis XIV et de Philippe V, au mois d'août 1709. Louis XIV avait rejeté avec grandeur d'âme les conditions de paix, que lui proposaient des vainqueurs, trop peu modérés dans leur triomphe : il aimait mieux faire la guerre à ses ennemis qu'à ses enfants. La France entière avait répété ces nobles paroles avec lui, et avait promis des soldats et de l'argent, chose urgente, car les alliés, commandés au Nord par le prince Eugène et Marlborough, à TEst par l'électeur de Hanovre, accouraient à travers la Flandre et l'Alsace, et tout tombait en leur pouvoir.
La situation de Philippe V n'était guère meilleure. Il s était ressenti beaucoup de l'hiver de 1709, qui avait si cruellement passé sur la France, et des négociations de la Haye, pendant lesquelles, jusqu'à la fin de juin, les troupes françaises n'avaient rien fait en Espagne, et se
* LXXIX' !eUre i U maréchale de NoaiUea, du manuscrit de M. Gerfroy, 2 sepiemb. 1709.