RAISONS QU'IL EN DONNE
proximité des Autrichiens, situés à deux ou trois lieues de là, en augmentait considérablement le danger. Le comte d'Aguilar, n'ayant pas personnellement assez de monde, comptait naturellement sur les troupes du maréchal de Besons, mais sans exclure la cavalerie espagnole, qui était excellente et nombreuse. Le maréchal de Besons au contraire semblait dire que cette cavalerie, dont il ne contestait pas le courage, était un obstacle au succès de lentreprise proposée plutôt que d'en être un bon garant. Les escadrons étaient faibles, elle ne se contenait pas asse% en ordre, selon son expression, et il regrettait de n'avoir que neuf escadrons français, nombre insuffisant, semblait-il dire, même avec le concours des braves cavaliers espagnols. Ceux-ci sans doute, sur le pont de Montagnan, à la suite de Miguel de Pons, avaient eu leur belle part des honneurs de la journée ; mais ce n'était là qu'un combat partiel, et, de plus, le succès était présenté parle maréchal de Besons comme peu important, bien que les Catalans de Stahremberg, avec six régiments de vieilles troupes contre quatre, eussent perdu, selon une lettre d*Amelot à Voysin \ datée aussi du 6 août, six drapeaux, tous leurs bagages et 700 hommes, parmi lesquels, d'après le marquis de Saint-Philippe, douze officiers figuraient au nombre des prisonniers. Quant à l'ordre du roi d'Espagne, il fut présenté comme inspiré par le comte d'Aguilar. Et dans quel but celui-ci l'avait-il provoqué ? Uniquement poui* se décharger sur un autre du lourd fardeau d'une bataille, avant que, par le départ du généralissime des deux armées, il se trouvât seul maître responsable des troupes espagnoles, comme le chevalier d'Asfeld allait l'ètrè des troupes françaises. C'est ainsi, poursuivait le maréchal de Besons, dans une lettre parti-
< Dépôi de la guerre, GXX* lettre, 6 août. Amelot à Voysin. Mém, de Saint- Philiffpe, t. n, p. 272. .