LOUIS XIV L'ËMPËGMË D'ACCEPTER LA TOISON D'OR
était de nature à en réveiller Tédat. Or raffaire du maréchal de Besons était de ce genre, à cause de rintimilé de ce général avec le duc d'Orléans, et de son mécontentement de l'arrestation de Flotte, première cause de tout. Ne devait-on pas d'ailleurs satisfaire les troupes? Injuriées par les Espagnols, elles avaient assez épousé la querelle de leur général; et, en 1709, dans l'état si critique où se trouvait Louis XIV, il fallait plus que jamais les ménager. S'associant donc à l'irritation de l'armée, et plus susceptible dans son patriotisme que le maréchal de Besons luimême, Louis XIV répondit à ce général qu'il ne devait pas accepter la Toison d'or, et qu'il lui saurait gré d'un refus qui serait une leçon pour les Espagnols, et pourrait procurer à d'autres généraux, après lui, une situation plus libre et un traitement meilleure Le maréchal de Besons dut même immédiatement reprendre le chemin de France, et il disposa tout pour se conformer aux ordres du roi; mais auparavant il partit pour Madrid, et là, observant toujours la modération que Voysin lui avait conseillée, il prit congé du roi ainsi que de la reine et de la princesse des Ursins, sans rien laisser percer de son mécontentement. Il n'eut pas à faire visite à Amelot. Le jour même où Philippe V s'était rendu au camp du maréchal de Besons, ce sage ambassadeur avait pris la route de France, maudit par les uns, regretté par les autres. Les Espagnols généralement ne l'aimaient point» parce que, sous le titre * d'ambassadeur, il les gouvernait en maître, de concert avec madame des Ursins, et qu'il était pénible pour eux d'être conduits par des mains étrangères. Les arrestations, les emprisonnements, les confiscations, c'est ù lui, aussi bien qu'à celle dont il était la créature, qu'ils les attribuaient V
' Mém. de NoailleSf 1709, t, II. Le maréclial de Besons au roi, ei réponse du rei au maréchal de Besonii, septembre. — * Paroles du comte de Las Batuecas dans les lettres de Fiil2>Moritz.