ET SES PRÉPARATIFS DE DÉPART
fui nommée camerera mayor de la reine d'Espagne. Ce n était pas moins qu*elle n'avait désiré, mais c était plus qu'elle n'avait prudemment demandé. Bientôt après, Philippe V lui écrivit une lettre flatteuse d'adhésion et de satisfaction, et elle put faire ses préparatifs de départ pour se rendre auprès de sa maîtresse. Elle avait alors cinquante-huit ans.
On aimera à lire dans ses propres lettres tout le faste qu'elle allait ajouter à sa maison, pour la mettre en harmonie avec sa position nouvelle : c'était comme une se- 4:onde reine, qui devait diriger ses pas vers TEspagne à côté de la véritable, avec des carrosses splendides, et un pompeux cortège de laquais, d ofiiciers, de pages, de gen- (ilhommes, d'aumôniers, tout ce qui constitue une maison royale, a J'ai ordinairement quatre gentilshommes, écritce elle à la maréchale de Noailles ; j'en prends ici un autre, « espagnol, et, quand je serai à Madrid, j'en prendrai <( deux ou trois, qui connaissent la cx)ur et soient gens à « me faire honneur. Des quatre que j'ai présentement, « deux sont français et deux italiens : l'un est l'ainé d'une « des meilleures maisons de Sicile, et le second est d'une a très-bonne noblesse de l'État du pape, et proche parent c( du prince Yaini. J'augmente mes pages jusqu'au nom- « bre de six, qui sont tous gens de condition et capables « d'être chevaliers de Malte, hormis un, qui est filleul du « cardinal Portocarrero et qu'on m'a prié de lui mener. « J'ai, outre cela, leur maître, qui me sert d'aumônier. Je <i ne vous parle pas de mes ofliciers, que j'ai de toutes «c sortes. Je mène douze laquais, que j'ai ordinairement. 4c J'en prendrai d'Espagne, quand je serai à la cour. Je me « fais faire un très-beau carrosse, sans or ni argent néan- (c moins, et j'en amène un autre doré, que je me suis fait «( faire dequis quelques mois ; il me servira quand je « voudrai aller me promener hors la ville, à six che-