INTELLIGENCE DE CE MINISTRE
quelque dérogation à celte règle et à sa constante habitude. Mais, sans laisser rien échapper de ce qu on voit bien qu'elle sait positivement, elle se borne à rapporter les propos des étrangers, que chacun pouvait connaître et qu'il était plus permis de divulguer, a Les ministres de « l'empereur, dit-elle, présentent le duc de Médina-Cœli r( comme le chef d'un parti considérable contre Phif< lippe V. » Telle qu'elle est pourtant, cette communication n'est pas sans importance : car madame des Ursins ne fait aucune réflexion qui aille contre l'assertion, relative au duc de Médina- Cœli et contenue dans cette nouvelle étrangère; elle fait seulement observer « que ces a messicui*s les impériaux exagèrent la force de ce parti, « pour faire peur au roi d'Espagne et à ses alliés '. » On peut donc présumer, d'après cela, qu'on est sur la trace de la vraie cause de l'arrestation de ce seigneur,'du v)-ai crime qui' lui était imputé, et qui devait peut-être consister en des intelligences avec les étrangers, intelligences toujours prédites et espérées par ceux-ci, parce qu'ils le regardaient comme étant des leurs.
Consultons à présent les auteurs qui ont parlé de sa chute ; nous y trouverons effectivement la conflrmation de cette légitime présomption. Les Mémoires de Noailles font mention d'une dépêche de l'ambassadeur de France à Madrid, dans laquelle il est dit « que le duc instruisait les en- « nemis de tous les secrets de l'État et les exhortait vive- « ment à entrer en Espagne *. » Nous lisons aussi dans les Mémoires de madame de Maintenon « qu'il fut con- « vaincu de favoriser l'archiduc *. » L'auteur de ÏHisloire (le la cour de Madrid de 1701 à 1719 déclare également « qu'il s'entendait avec les étrangers *. » Entin le grave
* Lellrcs k Villeroi, 4710, 2 juin, p. IH à 114; cl 27 juin, 117 i 120. - « Mém. de- SoaUles, l. IV, p. 1 16. Dépêche du 29 mai 1710. — * Mém. de ÏM Beamnelley t. V, p. 125. — ♦ Hi$t, de la cour de Madrid, p. H9.