‹ La princesse des UrsinsChapitre 192 sur 278 · IL FAIT ÉCHOUER UNE EXPÉDITION GO?(TRE LA SARDAIGNE · texte numérisé non relu

IL FAIT ÉCHOUER UNE EXPÉDITION GO?(TRE LA SARDAIGNE

liberté, il crut qu'il pourrait impunément et sans être découvert payer à son tour son petit tribut aux alliés. Madame des Ursins, qui avait tant d'espions à ses ordres, pensait tout le contraire, et peut-être qu'en l'élevant elle ne l'exposait à cette tentation que pour avoir une occasion de s'en défaire ; mais, là où bien du monde le prenaient pour dupe, il se regardait intérieurement comme l'habile du jeu, et voici ce qu'il se permit sous l'influence de cette illusion et de ses sympathies pour les étrangers : c'est le marquis de Saint-Philippe qui nous l'apprendra, avec l'autorité particulière d*un témoin, d'un acteur même, dans le premier des événements qu'il va nous raconter.

Le gouvernement espagnol voulait essayer, en 1710, de recouvrer la Sardaigne, dont les impériaux s'étaient emparés. A cet eiTet, le marquis de Saint-Philippe luimême, originaire de cette ile et qui y comptait des parents et des amis nombreux, fut choisi pour faire partie de l'expédition. C'était un hommage éclatant, rendu à sa fidélité, et un moyen aussi de nouer en Sardaigne des intelligences, propres à faciliter le succès. On ne se trompa point : on s'en ménagea beaucoup par son intermédiaire, et Ton ne doutait pas de l'heureux résultat de l'entreprise, pourvu que l'armée expéditionnaire, forte seulement de 3,000 hommes, arrivât dans l'ile a l'improviste et s'y fût déjà assez bien établie, avant que les renforts des ennemis y fussent arrivés. Celte priorité de débarquement et d'attaques devait compenser l'infériorité du nombre, et l'on pouvait l'obtenir d'autant plus aisément que c'était de Gênes, ville alliée de la France, que la flotte espagnole devait partir. 11 n'y avait pour cela qu'à garder sur l'expédition projetée le secret le plus absolu, selon la recommandation expresse de Philippe Y. Mais le duc de Médina-Cœli avait donné le commandement

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