‹ La princesse des UrsinsChapitre 194 sur 278 · IL VEUT FAIRE BAPPELER LA PRINCESSE DES URSIISS · texte numérisé non relu

IL VEUT FAIRE BAPPELER LA PRINCESSE DES URSIISS

Ursîns dut protester, dans ses lettres, soit au maréchal de Yilleroiv soit à madame de Naintenon, qu elle n'y était pour rien, et qu elle ne fut tranquille que lorsque celle-ci lui eut écrit : <c Je vous assure que je n'ai nulle « part ouï dire que l'on mit sur votre compte la disgrâce c< du duc de Médina-Cœli ^ » Informé de cet heureux changement de la cour de Versailles à son égard, ce ministre pressa les amis du duc d'Orléans, qui étaient les siens, de faire jouer toutes leurs batteries pour amener la disgrâce de la princesse des Ursins. 11 leur dit de la présenter comme rendant illusoire le pouvoir des ministres, par son empire absolu sur le roi, et d'ajouter qu'elle détruisait ainsi de ses propres mains, par cette absorption jalouse de toute l'autorité, le bon accord dont le ministère Médina-Cœli devait être l'image et le garant. .

Le duc d'Orléans et ses partisans ne se firent pas répéter une recommandation, dont ils ne comprenaient que trop l'utilité. Us commencèrent donc contre madame des Ursins, avec plus d'activité que jamais, une nouvelle campagne d'intrigues et de calomnies, et telle fut leur adresse auprès d'une cour, abusée maintenant sur le compte du duc de Médina-Cœli, après avoir paru d'abord lui être contraire, qu'ils la tournèrent tout à fait contre la camérera mayor, et qu'il n'y eut point, à partir de ce moment, de déboire et d'eunuis qu'on ne lui fît essuyer. « On me té- « moigne des duretés, écrivait madame des Ursins au roa- « réchal de Yilleroi, à la date du 4 mars 1710, à quoi je « ne devrais pas m'altendre... Je n'y tiens plus... Je vais tt partir; mais'il y a encore de la neige. Je ne sais ce que « je deviendrai quand j'aurai mis le pied en France'. »

* Correspondance de madame de Maintenon et de madame des Ureim. UUre du 15 juin. 1710, p. 76. t. \l. LeUres k VUleroi du *2 juin et du 37 juin 1710, p. 111 et H7. — « ibid., p. 9G.

Les ministres de Louis XIV, pour mieux lui montrer qu'on était fatigué d'elle, qu* on n'en voulait plus, et qu'elle n'avait qu'à s'en aller, refusèrent de .discuter ce qu'elle leur communiquait, de donner leur avis, de la traiter en un mot comme par le passé, alléguant en outre qu'elle s'opposait à la paix que Louis XiV préparait alors avec les alliés. « On jn'écrit, dit-elle au même maréchal, « le 10 mars suivant, défaire ce que je jugerai à propos, « et Ton m'ordonne de me conduire du jour à la journée. « Mais qu'appelle-t-on, ajoute-t-elle avec dépit, dans cette a lettre remarquable et que nous citerons tout entière, « qu'appelle-t-on me conduire du jour à la journée? Il n me semble que c'est précisément ce que je ne puis faire. « Tenez, toute modestie à part, puisqu'il faut parler claicc rement, je vois que mon départ fera intiniment de tort « au roi et à la reine; car, n'en osant dire le véritable « motif, pour ne pas découvrir une espérance quon veut « tenir secrète, les bons sujets de lueurs Majestés perce dront courage, et les mauvais s'animeront, en pensant « que je ne me retire que parce que je crois tout perdu « par la paix que vous allez faire. Je suis pourtant décidée « à partir. 11 n'est plus question pour moi que de savoir « ce que je deviendrai. Si on me laisse en liberté, mon « honneur et mes moyens seront mes conseillers. Je n'irai « pas à la cour de France, bien que ce soit votre avis, « basé sur le besoin que j'aurais de la grandeur. Je ne (c suis nullement entêtée des grandeurs et du rang que a la fortune seule nous donne. Je passerais^ je vous assure, « sans aucune peine, de la dictature à la charrue, et, conc( tente de moi-même, je vivrais plus tranquille qu'aucun a autre dans une maison médiocre, à Paris, si les frais « d'un nouvel établissement, impossible ù ma bourse et a inutile au dessein que j'ai de retourner à Rome, ne « m'empêchaient pas de prendre ce parti. Vous me con-

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