‹ La princesse des UrsinsChapitre 209 sur 278 · LES GRANDS SE RALLIENT A PHILIPPE T · texte numérisé non relu

LES GRANDS SE RALLIENT A PHILIPPE T

et plusieurs personnes, retirées dans leurs maisons, suivirent cet exemple. Il n*y eut que Bonifacc-Manrique Lara et Yillaroêl qui embrassèrent hautement le parti de l'archiduc, avec quelques autres qu'il gagna en ouvrant les . prisons.

Tout le monde à peu près s'était donc à l'instant prononcé pour Philippe V. Le duc de Tlnfantado lui-même, alors exilé de la cour à cause de ses liaisons ou de sa parenté avec beaucoup de rebelles, demanda instamment la permission de venir se joindre aux autres grands à YaÛadolid. Il reçut de Philippe V une lettre obligeante, et, plein de joie, il se rendit aussitôt dans cette ville, où il fut accueilli, vers la fin de septembre 1710, comme s'il avait toujours passé pour fidèle ^ Enfin, et c'est ici surtout que la noblesse voulut prouver qu'il y avait loin de ses sentiments actuels à ceux du duc de Médina-Cœli, les grands se concertèrent pour une démarche collective auprès de Louis XIV, dont Tintluence dans les conseils de l'Espagne les avait pourtant toujours offusqués. Laissons notre Tacite espagnol nous raconter lui-même cette scène, dont il fut témoin, et qui, sous tous les rapports, était un événement.

« Quand tous les grands, dit-il, furent rassemblés à <c Yalladolid, le duc de Médina-Sidonia, un parent du c( ministre disgracié , proposa lui-même d'écrire à (X Louis XIV pour l'assurer de leur fidélité sincère et lui « expliquer le besoin indispensable qu'ils avaieat d'un « prompt secours; car, sachant la mauvaise idée que ses « ministres avaient voulu lui donner de la noblesse espace gnole, ils craignaient que ce prince ne regardât le mal <( comme incurable et ne négligeât d'y porter remède, « surtout dans un temps 0(1 il était encore question de

*'Mém. de Smnt'PMUpre. p. 367.

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