IL SEMBLE AVOIR ÉTÉ DÉJÀ PROMIS A MADAME DES URSINS
adressée au duc de Vendôme lui-même, le 9 septembre 1710, le jour du départ du roi pour Yalladolid', et par conséquent^ antérieure à la lettre des Grandesses et à celle de PhUfppe V.
« Le roi et la reine d'Espagne, dit-elle, ont quitté Ma- « drid, et sont dans un danger imminent de tomber « entre les mains des ennemis... Mais j'espère que, si « le roi Très-ChVétien en donne le moyen, et, grâce à « voh^e talent^ tout cela changera de face... Ne manquez a pas, au moins, d'entretenir le roi et la reine dEspagne « quand vous les verrez... Le comte de Stahremberg « gagnerait une seconde bataille, qui achèverait de nous « abimer, sU pouvait vous enlever^... >*
Que conclure de là? C'est que le duc de Vendôme était déjà promis, Je 9- septembre 1710; il l'avait été, sinon à Philippe V, qui n'en avait pas fait encore la demande ofiictelle, du moins à la princesse des Ursins, qui, dès Tapparition du mal, s'était mise en quête du remède, ot n'avait pas manqué d'exprimer, au sujet de l'illustre maréchal, sa conviction, ses préférences et ses vœux. Les exploits récents du duc de Vendôme en Italie, et une heureuse campagne, qu'il avait faite en Espagne en 1702, étaient le motif de son désir ; mais ce n'en était pas le seul : il y en avait un autre très-important, que nous avons découvert dans une nouvelle lettre inédite de madame des Ursins, adressée, en 1702, au maréchal de Tessé par l'intermédiaire de M. d'Estrées. Vendôme, d'après cette pièce, était adoré, en Espagne, des populations, des troupes, et, chose bien heureuse, des fournisseurs de l'armée. « Autant on chante ici, dit madame a des Ursins, les louanges du duc de Vendôme, qui n'a
* .Mém. de Saint- Philippe, l. II, p. 566 — » LcUrc inéilile de Madame des Ursins, dans les mnnuscrils de la liibliolhèfiue imi>^r. Oorrespandance du duc de Vendôme, l. II, p. 367, S. F. (2), n* 37.55.