VERSIONS DIFFÉRENTES SUR SA DÉMISSION
vie, son dépit fut au comble, et, ne voulant point coopérer à des entreprises qui n'avaient pas son adhésion et que d'ailleurs son amour-propre blessé ne le disposait pas à approuver, il demanda la permission de se retirer ^
Le roi en ce moment n'était pas content de lui. 11 passait pour avoir mal parlé de la reine, qui était gravement malade et qui avait même, disait-on, une philiisic. De plus, il était visible que sa présence dans les camps était gênante pour tous les généraux français. Elle Favait été pour le maréchal de Besons ; elle Tétait à présent pour le maréchal de Vendôme, qui était bien supérieur à ce dernier, et qui, à Villaviciosa, avait bien conquis le droit d'être affranchi de conseillers trop hautains. Pour ces motifs, Philippe V ne fit aucune réponse au comte d'Aguilar, afin de lui donner à entendre qu'on le laissait libre de faire ce qu'il voudrait, et aussi qu'on ne le regardait peut-être pas comme indispensable. Aigri comme il élait, le comte d'Aguilar se fâcha de ce procédé, et sur-le-champ il récrivit au roi, d'un ton piqué, pour lui envoyer sa démission de toutes ses charges. Cette fois il eut une réponse, et elle ne se fit pas attendre : la démission était acceptée *.
Voilà comment le marquis de Saint-Philippe raconte cette aflaire : mais nous avons trouvé une lettre de madame des Ursins, où les ciixM)nstances de cette démission sont présentées sous un aspect qui n'est pas tout à fait le même. Il semblerait, d'après cette pié^^, que le comte d'Aguilar pensait qu'on aurait quelque peine à l'accepter et qu'il mettrait la cour dans l'embarras; que, dans cette crainte, ou plutôt dans cet espoir, il n'avait mo« tivé sa détermination que sur le pieux désir de se livrera la prière, dans le recueillement d'une tranquille retraite;
« Mém. de Saint-Philippe, t. III, p. 22. — » /Wrf.