‹ La princesse des UrsinsChapitre 217 sur 278 · YIUI MOTIF DE CETTE DÉMISSION · texte numérisé non relu

YIUI MOTIF DE CETTE DÉMISSION

La princesse des Ursins, on le voit, se moque ici de M. d'Aguilar. Malheureusement pour lui, l'ironie qu'elle se permet, à propos de ce redoublement de ferveur religieuse, ne venait pas seulement de ce qu'elle n'en croyait rien, mais de ce qu'elle avait dix fois raison de ne pas y coire. « Le comte d'Aguilar, et, qui l'aurait cm? le « gi^ave duc de Noailles, encore en Espagne, s'étaient con- H certes, voyant la reine atteinte des ëcrouelles, dont elle tt ne tarda pas à mourir, de donner au roi une maiti*esse, (c par où ils pourraient devenir dans la monarchie ce qu'y « était madame des Ursins. Ce pot-au-lait de la bonne ff femme, et qui en eut aussi le sort, ne fait pas honneur (( aux deux têtes qui l'entreprirent, moins encore à un « étranger j si grandement, si agréablement, si prématu- « rëment établi dans son pays. La piété de Philippe V « s'effaroucha du mot de mailresse, et il dit tout à la « reine et à madame des Ursins. La chose aussitôt fui <c communiquée à la cour de Versailles, où elle fit asseï « d'esclandre, et où la Dauphine, madame de Maintenon, <x le roi, s'en scandalisèrent beaucoup. C*en fui assez pour « que le duc de Noailles eût un ordre sec et précis de <x revenir, et pour que, en Espagne, le comte d'Aguilar « fût sommé de donner sa démission stir l'heure^. »

Tel est le récit de Saint-Simon, cet annotateur terrible et minutieux de la chronique scandaleuse et des basses intrigues des grands, surtout des familles nouvelles, qui voulaient percer en France, et qui avaient trop l'œil, comme les Noailles, sur la déesse du jour. Quelle valeur faut-il accorder, après cette révélation cruelle du Tacite français, au motif pieux du comte d'Aguilar, et comment pouvoir le poser, comme cherche un peu à le faire le marquis de Saint-Philippe, en innocent et en victime? Sa

* Mém. deSainlSiman, p. 151, 152, 155, 154, t. XVIII.

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