‹ La princesse des UrsinsChapitre 219 sur 278 · CHAPITRE XXXYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXYI

LE THÉÂTRE FRAXÇAI8 EN ESPAGHE. — LOI SAUQUB. COBTÈS. RÉFORMES.

En 1709, au moment de la conspiration du duc d'Orléans, c'est le maréchal de Besons, ami de ce prince, que madame des Ursins, au risque de déplaire au roi de France, avait sacrifié au comte d'Aguilar ; en 1711, avec un général, également français, mais plus capable, plus digne d'égards par ses services, et plus dévoué à Philippe y, c'est le comte d'Aguilar qu'elle condamna sans retour. Sa qualité d'Espagnol ne fut pas un titre à ses préférences, et, sans craindre d offenser l'Espagne, c'est h Vendôme, au général français, qu'elle donna raison. Il n'y avait pour elle ni France ni Espagne ; il n'y avait que l'intérêt de ses maîtres, et elle y pliait tout, avec d'autant plus de zèle, que la plupart du temps il se confondait avec le sien. Mais si, dans ces conditions, la question des personnes n'était pas grand'chose à ses yeux, il n'en était pas de même de ce qui touchait à la civilisation. Sous ce rapport, elle inclinait pour la France, et peut-être, malgré toute sa prudence, manifestait-elle avec peu de retenue sa prédilection. Un fait certain, c'est que les Espagnols murmuraient, par exemple, en voyant souvent, dans le palais de Buen-Retiro ou ailleurs, les comédies et les tragédies françaises prendre la place du répertoire national, Molière détrôner Lopez de Véga, et Corneille chasser

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