‹ La princesse des UrsinsChapitre 221 sur 278 · DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

DES ESPAGNOLS

des Pyrénées, et, jugés en deçà par d'autres oreilles ou d'autres yeux, paraîtront des platitudes ou des grossièretés. II en est à peu près de même, d*tme classe à une autre, chez un peuple particulier. Tout en convenant que l'Espagne ne pouvait se transformer pour plaire à ses maîtres, et que même elle avait quelque raison de les trouver trop difficiles à son égard, on comprend cepen-* dant pourquoi ceux-ci revenaient sans cesse au goût de leur patrie et de leur éducation première, et ne contenaient pas assez les marques de leur ennui. Madame des Ursins faisait comme eux, et ce n'est certainement pas malgré elle que, dans le carnaval de l'année 1712, un nouvel ambassadeur de France, M. de Bonac, et quelques autres seigneurs français de la cour, témoins du peu de plaisir que prenaient Leurs Majestés aux pièces espagnoles, résolurent de jouer eux-mêmes une tragédie de Corneille. Le chevalier du Bourk ne nous la nomme pas ; mais il nous dit qu'ils s'en distribuèrent les personnages, qu'ils la montèrent, qu'ils en firent ensuite la répétition au palais, devant le roi et la reine, et que tout le monde y applaudit beaucoup * , sauf sans doute bon nombre d'Espagnols. Le chevalier du Bourk ne mentionne pas la princesse des Ursms; mais il est probable qu'elle dut y battre des mains comme les autres. Qui sait même si elle ne figura point parmi les acteurs volontaires de ce théâtre français improvisé? A ne regarder qu'à l'habitude qu'elle avait des grandes scènes de la vie politique, fonds ordinaire des tragédies, et spécialement de celles de Corneille, elle était bien capable d'y jouer son rôle.

La tranquillité d'esprit qu'on éprouvait en voyant le commandement général des armées d'Espagne en des mains habiles et plus libres, était le principe de ces ré-

« Dépôt de la guerre, n* 2404, 1713, i" février, Uli* lettre. Chev. du Boark à Voysin.

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