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ADMINISTRATION CENTRALE DES FINANCES, RÉFORMÉE

quatre classes, TEglise, l'Etat, la justice, la guerre; créait de nouvelles places de conseillers, dont les titulaires pouvaient être choisis dans toute l'Espagne, contrebalançait ainsi les possesseurs des anciennes, et leur adjoignait trois hommes capables et sûrs, le marquis de la Jamaïque, fait duc de Véraguas, le prince de Cellamare et don Melchior Macanaz, ancien juge des confiscations dans les royaumes de Valence et d'Aragon, et, depuis quelque temps, occupant le même emploi au conseil de Castiile. Au-dessus de tous étaient, sans recevoir de titre dans ce conseil, Orry, et un autre financier, le comte de Bergueick, qui, ajoute le marquis de Saint-Philippe, c< en- « traient dans toutes les atîaires ^ » Ainsi fut réformé et abaissé, par les soins de madame des Ursins et d'après un plan, concerté avec Orry, l'aréopage de la Castiile. il se confondit dès lors peu à peu avec le conseil d'État, qui finit par l'absorber et le remplacer. En attendant, de> venu plus monarchique et moins castillan, il fut l'auxiliaire du pouvoir plutôt que celui de la liberté, et dépassa, dans sa sphère, le cercle étroit de la Castiile, pour être le grand conseil de l'Espagne.

Comme corollaire de cette première réforme et inspirée par la même pensée, parut, bientôt après, une autreordonnance, qui établissait quatre présidents des finances, au lieu d'un seul, trois des Ordres, trois aussi du conseil des Indes, et augmentait également le nombre des conseillers, proportionnellement aux besoins des sections et au genre d'afTaires qui leur étaient attribuées. L'intérêt dynastique trouvait son compte à cette multitude d'offices : c'était une pâture, ofTerte à l'ambition ou à la cupidité, et les seigneurs, qui en étaient devenus assez avides, s'y précipitaient à l'envi, se prenaient à cette amorce, et restaient

* 'Mém. de Saha-PkHippe, t. III, p. 82, 8.'.

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ainsi liés au joug, sous lequel des mains habiles et hardies avaient su courber leurs fronts.

Avec ces changements radicaux dans le gouvernement et dans les grands corps de l'État, furent adoptées des formes et des règles administratives nouvelles. L'ouvrage de Yauban, intitulé la Dime royale, s'était introduit en Espagne; les amis de madame des Ursins le prônaient; le chevalier du Bourk, entre autres, s'en entretenait souvent avec les personnages les plus influents, et il nous dit lui-même qu'en 1709, à la suite d'une conversation qu'il avait eue avec Ronquillo sur ce livre fameux, Tidée était venue de supprimer dans les provinces une foule de petits impôts, dont peu étaient touchés, et qui occupaient 80,000 employés, à un écu par jour Fun dans l'autre, pour les remplacer par l'obligation générale et propor* tionnelle d'entretenir les troupes : « idée superbe, ajoutec( t-il, et qui fit que les provinciaux ne crièrent plus autant, « que l'or et l'argent de l'Espagne passaient en France'. » La France, son administration, son gouvernement, ses livres, ses idées, telles étaient les sources où la cour de Madrid puisait habituellement ses inspirations pour le perfectionnement politique et social de l'Espagne. En mettant de côté l'absolutisme du pouvoir, qui, malgré elle, ne pouvait être qu'un moyen et non *un but, c'était un bien que cette inoculation progressive de l'esprit français et des choses de France à un pays, dont on améliorerait par là la condition, sans prétendre détruire son génie. A travers des diflicultés et des murmures inévitables, Orry fut, à cet effet, Tinstrument louable de madame des Ursins, et, dans une certaine mesure, l'utile démolisseur de la vieille Espagne. Il abolit, vers cette époque, une quantité innombrable de fermages, ce qui fut un pas vers l'admi-

* Dépôt de U guerre, 1709, XLIH- lellre, 8 juillet, t. H. Cbev. do Boark à Voysin.

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