LA PRINCESSE 1>ES URSINS CONSEILLE DE L'ABOLIR
inquisiteurs ni leur chef général n en tinrent compte : ils soutinrent qu'ils n'avaient pas dépassé les bornes de leur pouvoir; qu'ils étaient en tout et partout dans leur droit, et, avec leur opiniâtreté de religieux et d'Espagnols, ils déclarèrent qu'ils ne* aideraient pas ^ C'en fut aasex pour que le courroux du roi fut à son comble, et c'est alors que madame des Ursins, Orry, Macanaz et d'autres Espagnols, « d'une doctrine suspecte, » dit le marquis de Saint- Philippe, conseillèrent à Philippe V d'abolir l'Inquisition, prétendant que toute cette procédure était précipitée, nulle, el contraire d'ailleurs au respect, dû à Sa Majesté^. Mais ici se réveillèrent les craintes religieuses de Phi* lippe V r malgré tout ce qu'on put lui dire, le roi, « bien « qu'il fût le maître de supprimer ce tribunal ou de le main^ « tenir ', » comme étant d'institution royale, n'osa pas frapper tout de suite ni de lui-même le coup, qu'on lui demandait en le lui conseillant. 11 voulut consulter une assemblée de théologiens, qui se réunit en effet, et reconnut son droit, mais établit la stricte légalité des actes de rinquisi» tionV 11 voulut aussi entendre la justification du cardinal del Giudice; ci cette justification, qui lui fut présentée parle prince de Cellamare, neveu de ce prélat, ne lui déplut pas. Il cherchait à s'éclairer ; mais chercher cela , c'était reculer, c'était renoncer, c'était abandonner presque ses conseillers et les livrer bientôt ù la vengeance de leurs ennemis. Madame des Ursins, Orry et Macanaz virent bien ce qui les attendait, du moment où le ix)i s'arrêtait en chemin. Pour esquiver le coup qui allait retomber sur eux, et avoir encore un moyen de reprendre avec plus de chance de succès la question des immunités ecclésiastiques, ils firent accepter au roi un moyen terme, qui leur parut s'accorder avec ce double but : il consistait à obtenir
• Mém. de Saini-Philippe, t I», p. 136. - "- Ibid., p. 126, 127, loO. — •» /Wrf., p. 156. — * /Wrf., p. 135.