‹ La princesse des UrsinsChapitre 237 sur 278 · UN JÉSUITE, NOMMÉ GRAND INQUISITEUR · texte numérisé non relu

UN JÉSUITE, NOMMÉ GRAND INQUISITEUR

du cardinal del Giudice sa démission de grand inquisiteur, à mettre à sa place un jésuite, le père Robinet lui-même, et à faire entrer dans le saint-odice, pour en jdiviser les membres, un dominicain, qui était frère de Macanaz. Ce n'était pas mal avisé, comme on voit, et madame des Ursins exploitait adroitement la rivalité des deux ordres de Saint-Dominique et de Jésus. Le cardinal del Giudice se démit de sa charge, et les nominations du père Robinet et du frère de Macanaz parurent aussitôt ^ Mais d'abord, le pape ne voulut pas accepter la démission du cardinal dd Giudice, dont la complaisance, du reste, venait peut-être de ce qu'il savait d'avance qu elle serait refusée, a 1^ saint- « siège craignit, dit le marquis de Saint-Philippe, que, si « Ton donnait à Tlnquisition un chef inoins ferme que ce « prélat, les représentations de Macanaz n*eussent leur « effet, et que la ptûssàiice royale 7i' empiétât sur le saint- «( office^. »> Excellente raison, à laquelle Saint-Simon, qui lève le voile sur la question d'intérêt, en ajoute une autre, en disant : « Que le pape tremblait de nouveau pour le « tribunal de la nonciature, qui, en Espagne, lui rapporte tait annuellement 200,000 écus, le nonce et les ofliciers « payés*. » Or ce tribunal, toujours menacé, précisément parce qu'il faisait sortir trop d'argent du royaume, avait son principal appui dans l'Inquisition.

Il va sans dire, après cela, que le père Robinet, averti et même grondé par le nonce, n'accepta pas l'emploi, auquel pourtant il s'était laissé nommer*, et ainsi l'ordre ambitieux des jésuites ne put s'élever du confessionnal du roi au poste de grand inquisiteur. L'Inquisition, de son côté, refusa d'admettre dans son sein le frère de Macanaz, prë- « tendant que, suivant les statuts de fondation, le pape ^

* Mém. de Saini-PhUippe, t. IH, p. 136. — « Ibid. — - Mém. de Saint- Simon, t. XXI, p. 105. — * Mém. BurtEspagne, dans FiiU-Moritz, liv. iV, ch. Xf |i. 250

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