ÉCHANGE PROPOSÉ A LOUIS XIV
d'envoyer à son grand-père le cardinal del Giudice, tandis que madame des Ursins employait auprès du même roi le crédit accoutumé de madame de Maintenon. Celle-ci, en efTet, c est le marquis de Saint-Philippe qui nous l'apprend, excusa madame des Ursins auprès de Louis XIV ', et l'autre avocat de la cour de Madrid en obtint l'ordre de départ pour les troupes, destinées au siège de Barcelone, dont le succèxS, regardé comme assuré, devait aussi rendre les Autrichiens plus traitables sur la question de cetle principauté.
Mais ce n'est pas là le seul expédient qu'employa madame des Ursins. L'ambassadeur d'Angleterre, lord Lexington, outre Gibraltar et Port-Mahon, tenait à procurer aux Anglais le commerce des eaux-de-vie de Tarragone; elle le leur fit donner. II voulait aussi qu'ils pussent construire, sur le Rio de la Plata, un fort, pour les protéger et pour recevoir les nègres, dont ils devaient, à l'avenir, avoir seuls la fourniture dans les colonies espagnoles; elle leur en fit accorder le droit. En revanche, lord liCxington signa avec elle une convention, où la reine Anne sengayeait à lui faire avoir une souveraineté^. A ce prix, l'adhésion de l'Angleterre semblait assurée. Elle comptait aussi obtenir celle des Hollandais par des avantages commerciaux analogues, et en efTet elle Toblinl*. Mais, pour regagner Louis XIV, comment faire? Pour cela, elle avait un projet caché, qui, dans sa pensée, devait la réhabiliter aux yeux de ce monarque, en la présentant comme guidée par l'amour de la France plus que par la vanité. Louis XIV ne devait retirer de la paix d'Uti'echt aucun avantage territorial. Or madame des Ursins voulait, aussitôt après la cession de cette principauté, en
> Mém. de Saint-Philippe, t. UI, p. 88. 92, 93. ~ > Lettres de FilU- Morilz, VI* leUrc, p. 157. L'engagement leituel de li reine Anne, pris aai archiv. royales «le 1^ Haye, et communiqué à M. Geffroy. — * llrid.