MECONTENTEMENT DE LOUIS XIV. :A
« la Toison d*or, les titres de Grandesse, la compagnie <x wallonne des gardes du corps, tout ce qu'il voulut'. »
L'échec successif de ses deux diplomates ne fut pas, pour madame des Ursins, un avertissement suffisant. Toujours ù la poursuite d une position, qui n'était plus devenue qu'une chimère après avoir été un leurre de la part des Anglais, elle se reposa de son succès sur la volonté persistante et opiniâtre de Philippe V, qui en faisait une question d amour-propre pour lui-même autant que de juste rémunération pour madame des Ursins. C'estalors qu'on vit ce prince refuser de signer le traité d'UtrecIit, ce traité que Louis XIV avait scellé de son nom et s'était engagé à lui faire accepter, tant que les puissances alliées ne lui accorderaient pas ce qu'il souhaitait léguer à madame des Ursins'. Une telle conduite prouvait bien qu'on avait quelque raison de s'appuyer sur lui.
Mais cette affaire accrochait la paix*, poumons servir du mot de Saint-Simon, la paix, que Louis XiV pouvait maintenant signer, parce qu'elle était honorable. Son mécontentement fut extrême. Madame des Irsins eut beau dire qu'elle n'y était pour rien, que le roi d'Espagne ne faisait que ce qu'il voulait, et qu'après tout elle méprisait les propos malveillants de ses ennemis, on lui imputa les retards qu'éprouvait la paix générale ; on l'accusa de se préoccuper trop de ses intérêts et de ne pas assez mettre en balance le repos de l'Europe entière; on lui dit qu'elle abusait de la bonté de Philippe V, et qu'elle n'aurait du se servir de son ascendant sur ce prince consciencieux que pour le dégager de sa promesse, l'aCTrancliir de tout
' Lettres manusc, 1* du baron de Câpres à madame des Ursins, 2* de madame des Ui*sins au iMiron de Câpres, XXll', XXXII' lettres. Campagnes eu duc de Vendôme, 5752, S. F. Bibliothèque impériale. Voir aussi les Mém. de Sainl'Simon, t. XX, p. ô. — « Wm. de Berunck. i. II, p. 164. i(î5, 16(î. 107, ICS, mi