PHILIPPE V PIQUÉ DE CES PROPOS
quitté avec ce mot^ C'était le pendant de : « Oh! pour a mariée, non ! x> de la fameuse lettre de Tabbé d*Estrées, rapportée par le même historien. Les deux tableaux de Saint-Simon étaient charmants, et, dans Tun comme dans Tautre, une figure de prêtre, ù Tœil, ou fin ou mécliant, attirait Tatteiition et soutenait la curiosité.
On répétait aussi, mais pas trop haut, en Espagne, parce que les grands savaient que Philippe V tenait beaucoup à la réputation qu'il s'était faite de prince vertueux, on répétait que mademoiselle D. G.? avait commencé de paraître à la cour de Madrid, sous la protection de madame des Ursins; qu'elle était loin de déplaire au roi, et que celle-ci, craignant de ne pas prendre avec une nouvelle reine, et ne se souciant pas d'en faire l'essai, ne se montrait pas jalouse de la faveur de cette jeune personne; qu'elle avait ses vues et laissait faire*. Une maîtresse, donnée au roi par madame des Ursins ! . . . Ceci est loin des idées qu'on lui supposait à elle-même, et n'est pas trèscompatible avec ses prétentions personnelles. Néanmoins il y a là plus de vraisemblance, et l'on comprend qu'une femme ambitieuse, et déjà accablée sous le poids des années, dût fonder plus d'espoir de domination et de durée sur la position, plus dépendante, d'une maîtresse du roi, que sur la qualité plus immuable d'une épouse.
Pendant quelque temps, Philippe V traita tous ces discours d'impostures et de calomnies, « inventées par la (c haine, l'envie et l'ambition'. » Ce qui se disait de l'omnipotence de madame des Ursins, de son empire sur lui, de ses espérances, de ses desseins, de ce corridor, de leurs entrevues particulières, le laissa impassible et indifférent. Le comte de Bergueick, jusque-là très-bon serviteur de la princesse des Ursins, déclara lui-même que celte omni-
* Mém, de SatntSimonf t. XX. p. 175. — ^//»/. secrète de la cour de Madrid, année 1714. — ^ Mém. de Saini- Philippe , t. 111, p. 197.