‹ La princesse des UrsinsChapitre 25 sur 278 · ET SA MISSION EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

ET SA MISSION EN ESPAGNE

lui écrivant, l'appelle un grand personnage \ et, faisant allusion à ce qu'on attend de son concours, elle ajoute qu elle a à cet effet une place merveUletise * , mais qu'il faudra constamment qu*elle s'arme de courage pour surmonter les mille ennuis qu'elle aura à essuyer : « Vous « avez une humeur heureuse, lui dit-elle, de la résolu- « tion, un gi^and esprit... Ce n'est pas trop pour vivre « dans les honneurs et avec les grands, pour souffrir leurs « injustices, pour partager leurs afflictions, pour se « compter pour rien *. » Il n'en faut peut-être pas davantage pour être déjà persuadé que madame des Ursins n'allait pas être en Espagne une camerera mayor ordinaire, et que, sous ce titre, devait se cacher un personnage plus politique et plus important. Ces diverses qualifications pourraient bien toutefois n'être pas considérées comme une {M*euve assez convaincante : nous leur prêterons plus de force, en citant le programme même de sa politique, qu'elle envoya à Torcy, aussitôt qu'elle eut pris un peu connaissance du théâtre sur lequel elle allait exercer sa rare habileté.

La première chose qui la frappa, en Espagne, c'est que les Français, trop courtisés, trop employés par Porlocarrero, étaient universellement détestés, aussi bien que leur immodéré protecteur. Elle vit que, entre le parti trop exclusif de ce ministre et le parti autrichien, s'était formé, sous les auspices du sage comte de Montellano, un tiers parti, un parti national : il se composait d'Espagnols fidèles, mais ils ne voulaient pas, que, sous un prince français, pas plus qu'autrefois sous leur premier roi autrichien, TEspagne ressemblât à un pays conquis, et fût gouvernée par des ministres français, comme, au seizième siècle, elle l'avait été un instant par des ministres tla-

« Lettres inéd., etc . t. IH, p 71. — « /Wi/., p. 7i. — » Wid., t. M, p. 76.

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