J0 SES PREMIERS ACTES
mnnds. Elle remarqua également que le patriotisme étroit (le Portocarrero lui faisait trop voir T Espagne dans la seule Castille, en dehors de laquelle il n'y avait, selon lui, que des ennemis ; que, môme dans la Castille, beaucoup de citoyens, qui n avaient souvent d'autre défaut que de déplaire au cardinal ou à don Arias, étaient maltraités par une ombrageuse inquisition d'Etat, sous le titre immérité de malintentionnés^ tandis que d'autres , plus flatteurs, quoique plus coupables, échappaient à ses rigueurs ; que l'esprit de défiance, l'antipathie de race, les haines d'opinion, réglaient trop les décisions du cardinal; qu'en un mot la division et l'exaspération étaient partout, à la place de la politique de conciliation et de fusion, tant recommandée par le gouvernement français, a Non, écrit- « elle aussitôt à M. de Torcy, je n'imiterai pas le cardinal « Portocarrero, tout en le regardant comme mon princi- <c pal ami. Je chercherai au contraire a m'attirer l'amitié « des Espagnols, et je n'épouserai pas toutes les haines de « ce prélat *. » Bientôt après, enelTet, en 1703, ayantproposé de former une junte ou commission, pour examiner les projets tinanciers d'Orry, elle ne voulut pas qu'on fit la distinction, devenue trop arbitraire, des bien ou des ma/iiUentiortn^^, et elle insista pour qu'on appelât aux dignités politiques les Aragonais et les Catalans, aussi bien que les habitants, jusqu'alors privilégiés, de la Caslille *. En outre, pour que la nouvelle royauté eût un caractère plus national, elle pressa le roi de prendre la golUle, espèce de collet, appelé fraise en France, et tous les autres objets qui composaient le costume espagnol. I^ jeune reine l'y engagea nussi; et elle disait souvent à son époux qu'elle ne Taimait qu'avec ces vêlements. Madame des Ui'sins fit habiller de la même manière les pages français de la cour'. Cette trans-
' Mém. de yoaillfs, Lelire de madame des Ursins à Torcy, 3 arril 1702, i. n, p. 231. — «/«>«/., LUI p. 161. — »/W</.,t. ni, p. 4.