‹ La princesse des UrsinsChapitre 252 sur 278 · L'ABBÉ ALBÉRONI ET LA PRLNCESSE DES URSINS · texte numérisé non relu

L'ABBÉ ALBÉRONI ET LA PRLNCESSE DES URSINS

duc de Toscane, elle avait Texspeclative de la Toscane elle-même, et de File d'Elbe, qui en dépendait. Unie avec Philippe V, elle pouvait donc un jour, et peut-être bientôt, faire rentrer l'Espagne en Italie, à côté de ses anciennes possessions, d où le traité d'Utrecht l'avait chassée. Cette considération avait beaucoup de poids aux yeux de madame des Ursins, auquel ce traité, comme nous l'avons vu par une lettre de madame de Maintenon, avait paru honteux pour l'Espagne , autant que fâcheux pour ellemême. Sans doute, il y avait quelque chose d'inquiétant dans les alliances de famille de cette princesse ; mais on pouvait penser que la perspective d'une union avec la maison souveraine la plus renommée de TEurope, et surtout d'une couronne de reine qu'elle porterait sur son front, la rendrait favorable à madame des Ursins, de qui dépendait un mariage si brillant, et qu'enfin cette heureuse disposition, formée par l'espérance, ne s'évanoui- . rait pas avec la réalité. Il ne s'agissait que de savoir si son caractère et ses goûts justifiaient ces conjectures et ces suppositions ^

Il y avait à cette époque en Espagne un ecclésiastique parmesan^ fils d'un simple jardinier, un homme actif, pénétrant, insinuant, ambitieux surtout, et qui, versé dans la langue française, avait été pour cette raison envoyé plusieurs fois au duc de Vendôme, pendant les campagnes de ce prince en Italie, par l'évêque de Borgo San-Domingo, pour demander quelque diminution dans les contributions de guerre, auxquelles le pays avait été soumis*. Dans l'exercice de ces missions, il avait plu au maréchal par la vivacité de son esprit et par l'éclair d'intelligence qui brillait dans ses yeux, à tel point que, sur la recommandation du poète toulousain Campistron, connaissance

< Mém. de SaM PMUppe, 1. HI, p. 90. — ' Uém, de Dueios, i. l p. 231 .

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