ALBÉRONI TROMPE MADAME DES URSINS
dit le marquis de Saint-Philippe; il la fit même avec une telle assiduité, que le bruit se répandit qu*il ne correspondait plus avec le grand inquisiteur et qu il lavait abandonné, pour se tourner du côté de ceux qui, plus que ce prélat, lui paraissaient sur pied et en faveur, «c perfidies fré- « quentes, ajoute ce profond observateur, que cache le « labyrinthe des cours, où la reconnaissance et l'amitié « ne font pas long séjour dans les cœurs, et ne laissent « à chacun d'attention que pour sa propre fortune, qu'on <i ne tâche que trop souvent d'élablir aux dépens de celle <c d*au(rui ^ » C'était le cas d'Albéroni; mais, à coup sûr, ce n'était pas aux dépens du cardinal del Giudice qu'il voulait alors se pousser et s'élever; c'est madame des Ursins, celle dont il paraissait alors rechercher l'appui, qui devait payer tous les frais, et, dans ce rusé Italien, trouver enfin son maître.
Ne le soupçonnant encore ni d'ambition excessive ni de duplicité, c'est lui qu'elle consulta sur le caractère et le genre d'esprit de la princesse de Parme. Elle n'attendait paslepicge; un bandeau sur les yeux, elle s'y précipitait! m Ah! madame, lui dit-il, ayant peine à contenir sa « joie et n'en croyant pas à ses oreilles*, c'esl là la femme '< qu'il faut au roi. Outre les grands avantages politiques « et matériels qu'elle procurera à Philippe V en Italie, » elle sort dune cour qu'aucune autre ne surpasse en c< sagesse et en modestie ; ses qualités sont éminentes ; « et, formée par la duchesse Dorothée-Sophie de Neu- «< bourg, par une mère dont tout le monde connaît In « piété et les autres sublimes vertus, son éducation ne « laisse rien à désirer. Rien ne vous sera plus facile que « de la façonner à la gravité espagnole, et, en la tenant « retirée, en qualité de sa camerera mayor chargée de son
' Mém. de SahU-PhUippe, t lU, p. 141 . — « jiém, de Smnt'Sinum, t. XX, p. 173.