MADAME DES URSINS ÉTAIT-ELLE PUÉVËNUË
« que les mémoires, présentés par le prince de Cellamare « en faveur de l'Inquisition, étaient pércmptoires et ex- « cellents ' ; qu'il fallait la rétablir dans tous ses privilèges « et attributs, et qu'il souhaitait fort que la reine eût, f( au moment de son avènement^ le mérite d*une action qui (c devait être fort agréable à tous les Espagnols*. »
Madame des Ursins, elle si fine, si pénétrante, si intéressée à tout savoir, ignorait-elle cette continuation, à Pampelune, de l'intrigue commencée à Saint-Jean-Piedde-Port? « Nommée camerera-mayor, elle organisait « toute la maison de la nouvelle reine, la remplissait, « hommes et femmes, de ses créatures, comptait aller « jouir, en se rendant à sa rencontre, de la reconnaissance <c de la grandeur inespérable qu'elle lui procurait, passer <c la soirée avec elle, et l'accompagner, le lendemain, dans <« son carrosse, auprès du roi'. » Voilà textuellement ce que rapporte le duc de Saint-Simon. Hais Duclos, parlant cette fois pour son propre compte et avec l'autorité d'un témoin irrécusable et qui vivait encore de son temps, nous dit queHocquart, munitionnaire français en Espagne, et devenu, vers 1756, fermier général en France, prévint madame des Ursins qu'Elisabeth Famèse avait obtenu de Miilippe V la permission de la chasser, et il semble avoir appris cela de M. Hocquart lui-même. « Bah ! aurait ré- « pondu madame des Ursins, ne pouvant croire à cette c( lâche perfidie de la part du roi, c*est faux; ou bien, à « la manière de Jules César ou de Henri de Guise : On n* oserait^! » De plus, Saint-Simon lui-même nous apprend qu elle avait écrit, en dernier lieu, deux lettres à la reine, et que celle-ci n'avait répondu à aucune*. C'était plus qu'il n'en fallait pour lui faire penser que M. Hocquart
' Mém. de Smnt-P/Ultppe, t. Ul, p. i46. ~ • /^itf., t. llf, p. 147. -^ ' Mém. de Saim-Siman, t. XXII, p. 157. — * Mùn, de Duclos, 1. 1, p. 252. — ' Mém. de Saint-Simant l. XXII, p. 161 .