CHAPITRE XLII
' LA PRINCESSE DES OMIICS IT SAl!tT-UIIO!f A PARIS.
Madame des Ursins partit de Châtellerault avec lespërancc qu'elle allait arrêter, en faveur de ses amis, un orage qui avait déjà éclaté. Elle y arriva vers l'époque qu'elle avait indiquée à Orry, et elle descendit chez son frère, le duc de Noirmoûtier, dans une petite maison des jacobins, située rue Saint-Dominique, tout près de celle du duc de Saint-Simon lui-même ^ Là, elle put s*épancher dans le cœur d un frère bien-aimé ; là, elle vit la maréchale de Noailles et ceux dont l'attachement survivait à sa grandeur. Mais elle n'y fut pas longtemps sans s'apercevoir que son influence, à la cour de Versailles, serait à peu près nulle : la perpétuité de la branche ainéc des Bourbons ne tenant qu'à la vie d'un enfant maladif, toute la cour de Versailles élait aux pieds du duc d'Orléans, afin de regagner son amitié, et de l'engager à être le protecteur fidèle du petit prince, pour lequel il allait devenir Régent. Ses volontés, ses^ésirs, ses caprices, étaient des lois. Il ne se souciait pas que la princesse des Ursins panlt à Versailles; ce n'est qu'à grand' peine, et en quelque sorte avec son agrément, qu'elle obtint de pouvoir y venir*. II ne voulait pas non plus, dans ses petitesses vindicatives, qu'une
* M/m. de Soént-Siman, t. XXU, p. 901, 902. — « /M.