PARTI ANTICLÉRICAL ET PAUTI NATIONAL EN ESPAGNE. — LE DUC DE MOMELLANO
Torcy avait donné un conseil à la princesse des Ursins : celait de faire tous ses efforts pour s'emparer de l'esprit de la reine et par elle de celui du roi ^ Mais il y avait un grand obstacle à cela. A Figuières, après le souper, la reine avait imité, à sa manière et dans un autre genre, Vincartailej comme dit Saint-Simon*, des dames espagnoles, et elle avait peur que son royal époux ne s'en souvint trop. L'aimant donc d'un amour d'autant plus jaloux et ombrageux qu'elle croyait avoir plus de sujets de craindre, elle s'alarmait, dans les commencements, du moindre tête-à-tète que la princesse des Ursins elle-même pouvait avoir avec lui, et ne voulait que rarement qu'elle le vit en particulier ' ; mais elle ne tarda pas à s'apercevoir que lé roi devenait plus tendre pour elle à mesure que madame des Ursins le voyait plus souvent» et que sa camerera mayor, loin de lui voler, à son âge, le cœur de son époux, en réchauffait au contraire pour elle, pour elle seule, les sentiments affectueux; qu'elle était, en un mol, sa servante fidèle et non sa rivale insensée. Dès lors, elle se livra tout entière à madame des Ursins, comme à sa sau-
*Mém. de yoailles, t. II, p. 70. — « Sattit-Simcn, t. IV, ch ▼, p. 59. — ^ Mém. de yoailUi, ihid.