‹ La princesse des UrsinsChapitre 29 sur 278 · DU CLERGÉ ESPAGNOL · texte numérisé non relu

DU CLERGÉ ESPAGNOL

vcgarde au milieu des souvenirs fâcheux de Figuières, qui la poursuivaient ^ Son cœur fut tranquille, et quant à son esprit, très-jaloux aussi de dominer, madame des Ursins fut toujours si insinuante et si pleine de douceur, elle sut si bien présenter ses avis avec discrétion, les faire prévaloir avec modestie, triompher sans morgue, pallier son ascendant en proportion des hommages, et lui attribuer constamment Thonneur de ce qu'elle avait conseillé ellemême, que, enchantée d'une direction qui ne coûtait rien à son amour-propre, la reine lit tout ce quelle voulut. Empressée de mettre à profit ses bonnes dispositions, madame des Ursins lui inspira aussitôt du goût pour les affaires ; elle la rendit assidue aux séances du Despacho, et, comme, au milieu d'hommes, la reine ne pouvait y rester seule*, elle l'y accompagna ; elle y assista à ses côtés, elle la garantit d'une influence autre que la sienne, et elle agit personnellement sur un conseil suprême, où, par la reine, elle pouvait, même invisible, se faire entendre et commander. Le gouvernement de l'Espagne n'était pas encore une monarchie constitutionnelle ; il en avait certains éléments, sans en offrir le contrôle permanent et régulier. Les certes générales existaient, elles étaient même anciennes; mais elles n'étaient presque jamais convoquées, et aucune loi n'en fixait la périodicité : c'est dire que la princesse des Ursins, pourvu qu'elle sût conserver exclusivement la conduite de ses maîtres, pouvait se flatter en elle-même d'être le véritable souverain de l'Espagne.

C'était un grand pas de fait. Restait maintenant à convaincre le roi et la reine que la présence de ces deux prélats au Despacho était plus nuisible qu'utile au bien de l'État, et que, dans un pays, aussi sacerdotal pourtant que

* SainiSimoH, t. IV, ch. v, p. 59. — * Ibtd , p. GO.

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