DU CLERGÉ ESPAGNOL
-w à Séville, pour faire notre commerce, et à Tàge de 4i soixante-douze ans ; prôlre à la présidence de Castille, « prêtres partout*; » à tel point, ajoute un contemporain, William Coxe, secrétaire du fameux Walpole, « qu*il fut « question, sous Charles II, à défaut, il est vrai, de mains (f probes et zélées, mais aussi pour obéir à des habitudes <t passées dans les mœurs, de confier la guerre et la ma- <c rine aux évoques de Tolède et de Malaga *. »
A d^té de ce parti antisacerdotal, s'en était élevé un autre, celui du comte Blontellano, parti nombreux, puissant, riche, considéré, et dont le chef habile et fin passait (pour un sincère ami de Philippe V. On n*y voyait pas -beaucoup de Français comme dans le précédent ; il s'était jnème formé pour combattre leur trop grande iniluence, •et les Espagnols attachaient à son triomphe Tespérance de dcur réhabilitation politique ; mais il était hostile aussi à ' fortocarrero et à don Arias, moins, il est vrai, à cause de l'introduction de Télément ecclésiastique dans l'Etat que par opposition à cet ostracisme administratif, prononcé par ces deux prélats contre la race espagnole, et •devenu la base de leur administration.
Madame des Ursins adopta les idées de chacun de ces partis ; seulement elle n'en appliqua d'abord que ce qui <;onvenait à la situation présente, attendant pour tout le reste un temps plus opportun. Il n'était pas possible encore d'attaquer l'Inquisition, et une croisade en faveur de l'exclusion politique des prêtres eût été prématurée et sans succès. Les questions de personne étaient tout alors, les questions de principe demandaient une époque plus avancée.
Voulant donc, sous ce rapport, renverser Portocarrero et Arias, uniquement comme personnes et non comme
* Méiit de UutiUe, l. I, p. 201. — « Coxc, ibid.
i02 LE DUC DE MONTELLANO.
principe, et rendre aux Espagnols leur juste part aux affaires de leur pays, madame des Ursins fit souvent des ouvertures à MontcUano. <c C'était un homme mûr, poli- « tique, incapable de basses ruses et de flatteries, et sage « chrétien (sabio cristiano)..., »dii son ami, le marquis de Saint- Philippe, le classant peut-être par ces demiers mots \ Portocarrero, qui paraissait faire grand cas de ce seigneur et le redoutait peut-être encore davantage, avait cherché, lui aussi, à le gagner. 11 Tavait tiré de la viceroyauté de Sardaigne pour le placer à la cour, où il Tavait nommé grand maitre de la maison de la reine, poste brillant, qui avait permis à Montellano d'entrer fort avant dans les bonnes grâces de cette princesse *, et d'échanger bientôt le titre de comte contre celui de duc. Madame des Ursins fît plus que lui : par Orry, qui était devenu son homme de confiance et son ami le plus dévoué, elle fit espérer à Montellano une haute position dans le conseil d& Castille, une position qui en ferait le premier dignitaire de ce pays et séculariserait en même temps ce conseil. Se croyant sûre de lui et de ses partisans, elle se concerta» avec eux pour éloigner de la cour Portocarrero et Arias. Ces deux prélats la gênaient elle-même, et leur politique trop exclusive et trop dure faisait détester les Français, pour lesquels seuls ils semblaient gouverner. Mais les difficultés de Tentreprise exigeaient de la circonspection, de l'adresse et du temps. On était à peine au commencement de Tannée l'702, et ce n'est qu'en 1704 que ces deux prélats tombèrent Tun et Taulre du faite de la puissance, au rang plus modeste, mais plus normal, que leur assignait leur dignité ecclésiastique.
Madame des Ursins se borna donc, en ce moment, h préparer les instruments de leur chute, et, dans Vinter-
* Mi^m ^e Saint-Philippe, t. J, p. «7, 1 18. — « IM.