‹ La princesse des UrsinsChapitre 48 sur 278 · PORTOGARRERO ET LE CARDINAL D'ESTRÉES · texte numérisé non relu

PORTOGARRERO ET LE CARDINAL D'ESTRÉES

ne fût-ce que pour six mois, ajoutant qu*il serait sensible à ce que le cardinal ferait à sa considération. Torcy, de son côté, avec la franchise d*un collègue, lui disait sans détour que le refus de suivre un de ses avis n'était pas une raison suffisante pour retirer son concours à Philippe V, et, avec Taccent d un serviteur dévoué, il s'adressait, dans sa lettre, à sa conscience de ministre et de fidèle sujets

11 n'en fallut pas davantage : Portocarrero rentra au Despacho, il y souffrit le cardinal d'Ëstrées, il courba la tète, il fit tout ce qu'on voulut; mais il se perdit dans l'opinion publique, et tomba plus bas qu'il n'était auparavant descendu. 11 est vrai que c'était, en lui, complaisance ou générosité de sentiment plutôt que changement d'idée, et qu'il ne manquait pas « de profiter des instants où aucun <c Français n^était auprès du roi, pour lui insinuer mille <i préventions contre cette nation. » Voilà ce que s'accordent à dire le marquis de Saint-Philippe et le maréchal de Noailles*, contredisant les assertions de Saint-Simon et de Louville, qui, par haine contre madame des Ursins, adversaire alors de Portocarrero, le présentent jusqu'à la fin comme un ardent ami des Français. Mais le peuple espa* gnol ne lui sut aucun gré de cette opposition clandestine et déloyale ; tous les beaux côtés du rôle qu'il venait d'abandonner restèrent à la princesse des Ursins : elle avait, en effet, envei^ et contre tous, maintenu son opinion sur le degré d'influence qu'il fallait accorder aux Français en Espagne, et, seule, elle avait eu le mérite de la fermeté <le caractère et de la fidélité à ses convictions.

* Mém. deSûailles, Lettres du 4, du 9, du 18 et du i9 février, de l. XIV et de Torcy, p. 52 et 33 du t. lU. — * Mém. de Saint-Philiffpe, t. I, p. 2H, •et t. U, p. G5. Mém. de yoaUles, 1. III, p. 36

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