CHAPITRE XllI
PIlEMIÈnE DISGRACE DE LA PRINCESSE DES DR8IK8, DÉCEMBRE 1704. — SES 8TAflONS A VITTORIA, A T0VL0D8E , A ORLÉAVS. — SON ARRIVÉE A PARIS CT A VERSAILLES. — ROLE DE d'aI<RIG?(T.
Le tour de madame des Ursins ne tarda pas à arriver, el l'abbé d'Esirées eut même le plaisir de la voir partir avant lui. Louis XIV voulait que son petit-fils se mît à la tète deTarmée avec Berwick et Puységur'et marchât en personne contre les Portugais. La reine n'était pas de cet avis, et madame des Ursins, craignant encore, non sans raison ^, qu'on ne profitât de l'isolement du roi pour la perdre dans son esprit, s'y opposait également. Ce n'est qu'à force d'insistance que Louis XIV put obtenir ce qii'il désirait. 11 s'en fallait qu'il fût content. Le cardinal d'Estrées, qui était à Paris et qui poussait au rappel de madame des Ursins comme à une juste satisfaction pour lui et pour son neveu, fut alors plus écouté ; M. de Torcy se prononça aussi contre elle; madame de Noailles se laissa gagner par MM. d'Estrées, par M. le duc de Gramont, beau-père d'une de ses filles et aspirant à l'ambassade d'Espagne, et elle continua de la délaisser; madame de Maintenon elle-même, à la vue de la désaffection des uns et de rtiostilité des autres, cessa de lui écrire et s'enveloppa dans la neutralité * : on ne pouvait donc être plus abandonnée.
' Mém. de Berwick, t. I, p. 234. — * Recueil de M. Gcfrroy. \U\V Icttrc, novembre i705.